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Electrique ne rime pas forcément avec écologique

Les voitures électriques sont elles aussi écologiques que l’on voudrait nous le faire croire ? La réponse du Jury de déontologie publicitaire (JDP) ne semble pas si claire. Effectivement, le groupe Bolloré a été contrainte de changer les termes qu’elle utilisait pour venter les mérites de sa voiture électrique, la Bluecub. Sur son site Internet, la Bluecub est présentée comme une voiture avec « 0 bruit, 0 odeur, 0 émissions de CO2 ». Des détails qui ne permettent pas de revendiquer ce véhicule comme écologique selon le JDP.

À la tête de l’intervention de la JDP auprès du site Internet de la Bluecub, on retrouve l’Observatoire du nucléaire. Ce dernier cherchait à rétablir la vérité sur une communication « trompeuse ». D’après l’observatoire du nucléaire il serait plus juste de nommer la voiture électrique un « véhicule nucléaires ». Composée à 75% d’électricité d’origine nucléaire, la Bluecub ne peut donc pas être désignée comme écologique selon l’Observatoire. Le JDP rappelle que lorsqu’il est “impossible de justifier des formulations globales” comme écologique, vert, éthique, durable etc, “la publicité doit les relativiser” avec des formulations telles que “contribue à“. Le jury a donc demandé le “non-renouvellement de la diffusion de cette publicité“.

bluecubLa question se pose alors sur le fait que la voiture électrique est réellement écologique ou non. Bien que ce type de véhicule est considéré comme étant la solution pour lutter contre la pollution, il peut tout aussi bien jouer le rôle de pollueur. En effet, dès sa production, il peut déjà apporter sa part de pollution dans le cadre par exemple de la fabrication de la pile à combustible. Celle-ci nécessite de l’hydrogène dont la fabrication se fait à partir d’une réaction chimique de pétrole. Cela engendre une émission de différents gaz très polluants, si l’on ne cite que le gaz carbonique. Le stockage de l’électricité par la batterie participe également à la pollution de l’air, mais le degré et la nature de celle-ci dépendent du type de l’énergie utilisée pour la production de l’électricité. Une récente étude des chercheurs de l’Université d’état de Caroline du Nord s’est posée la question suivante : « Quelle sera l’importance des véhicules électriques dans les émissions futures de GES aux Etats-Unis ? ». L’article, publié dans Environmental Science & Technology, tente de répondre à cette question en examinant les interactions possibles entre la politique nationale d’électricité et le système de transport. Mais alors quel est l’avenir de la voiture écologique ? L’autopartage et le covoiturage semblent bien destinés à investir durablement le paysage de la mobilité écologique.

Fanny Jossé

Compétences

Posté le

22 avril 2014

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