Tag: carsharing

01
Juin

Allemagne : l’encouragement à l’autopartage inscrit dans la loi

Depuis longtemps adepte de l’autopartage, l’Allemagne vient de franchir une étape supplémentaire en mars dernier en votant au parlement une loi encourageant l’usage de ce mode de mobilité alternative. Quelles sont les mesures concrètes prévues ? Et quels rôles les collectivités et acteurs privés ont-ils a joué pour assurer leur mise en place ? 


Cette loi, qui deviendra effective dès septembre, confirme le dynamisme et l’attrait pour l’autopartage en Allemagne. Les derniers chiffres comptabilisent près de 150 fournisseurs de services, 1.7 millions d’utilisateurs dans pas moins de 600 villes à travers le pays. Pour se donner une idée plus claire de l’ampleur de cette mobilité un autre chiffre ressort : la flotte allemande de véhicules en autopartage représente la moitié de la flotte européenne  totale !

Bien sûr l’Allemagne s’inscrit dans un phénomène mondial de l’accélération de l’autopartage, avec selon le Boston Consulting Group, un nombre d’utilisateurs passant à près de 35 millions dans le monde d’ici 2021. Mais le pays se distingue par l’étendue de son réseau, l’autopartage étant présent aussi bien dans les grandes que moyennes villes, et par la participation prépondérante des grands constructeurs allemands qui jouent un véritable rôle de prescripteurs. Ainsi BMW avec Drivenow et Daimler avec Car2go ont su investir de manière efficace ce créneau, se détachant de leurs simples statuts de constructeurs pour passer à celui de fournisseurs de services de mobilité.


Des mesures en faveur d’un aménagement urbain spécifique


Parking autopartageLe vote de cette loi a également été motivé, et argumenté, par des préoccupations d’ordre environnemental, participant à la réduction des émissions de gaz et de la congestion sur les routes. Pour soutenir ce mouvement, la loi prévoit la mise en place d’une réglementation des emplacements de stationnement spécifiques aux voitures dédiées à l’autopartage. Les collectivités sont ainsi encouragées à créer un quota de places de parking réservées à cet usage, et les conducteurs pourront également bénéficier d’une réduction des coûts de stationnement.

Pour l’autopartage en boucle, ces emplacements pourront être utilisés par un fournisseur en particulier. En modèle free-floating, ils seront accessibles à tout véhicule faisant partie d’un service d’autopartage. On voit ainsi naître un partenariat entre collectivités locales et acteurs privés du secteur afin de repenser la ville ensemble en favorisant un mode de mobilité bénéficiant à ses habitants.


Un partenariat prometteur à Hambourg


Autopartage Hambourg - BMW

Un exemple concret de ce type de coopération est la mise en place à Hambourg d’un vaste réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques et d’emplacements de parking pour véhicules en autopartage et nécessitant une recharge. En complément, la ville vient d’annoncer un partenariat d’envergure avec BMW afin de déployer d’ici 2019 une flotte de 550 véhicules électriques (400 entièrement électriques et 150 hybrides) pouvant être réservés grâce au service DriveNow.

Pour le maire Olaf Scholz il s’agit de combiner l’autopartage connecté avec les solutions de transports publics afin de garantir au voyageur urbain une plus grande flexibilité et facilité de déplacement même durant les heures de pointes, tout en améliorant sa qualité de vie grâce à l’impact positif sur l’environnement.


L’autopartage en France  : un travail en construction 


Ainsi l’autopartage s’inscrit pleinement dans une volonté d’une mobilité plus raisonnée en milieu urbain. L’exemple allemand démontre qu’à travers la mise en place de mesures concrètes et le rapprochement entre pouvoirs publics et acteurs privés cette mobilité alternative peut profondément changé la manière dont nous concevons les déplacements au quotidien. De quoi ouvrir la voie à d’autres pays européens  ?

L’édition 2016 de l’enquête nationale sur l’autopartage réalisée par 6t nous montrait déjà qu’en France un travail de sensibilisation mais aussi un encouragement des pouvoirs publics étaient encore nécessaires afin de débloquer tout le potentiel de ce mode de mobilité. Malgré la mise en place de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles de janvier 2014 permettant de faire bénéficier des véhicules de flottes ou de particuliers du label «autopartage» ainsi que de places de stationnement dédiées, les mesures prises gagneraient à être davantage déployées afin d’en mesurer l’efficacité plus concrètement.

Les points d’amélioration

L’étendue du réseau des stations est notamment un point d’amélioration, l’autopartage s’installant majoritairement dans les très grandes villes, les villes moyennes ne bénéficiant pas forcément de soutiens ou de mesures spéciales afin de mettre en place ce type de services pour ses habitants. Pourtant une appétence se fait de plus en plus sentir, chez les jeunes générations en premier lieu, sensibles à l’économie collaborative, à la protection de l’environnement et qui sont bien plus adeptes du numérique que de la possession d’un véhicule individuel.

Des partenariats intéressants se profilent, comme l’implication de la RATP dans un service d’autopartage en région parisienne ou plus globalement la volonté de la Société du Grand Paris de miser sur l’intermodalité autour des gares SNCF, où des millions de transiliens transitent chaque jour. Ce terrain d’expérimentation permettra sans doute à long terme d’encourager d’autres villes à se lancer dans cette aventure. De quoi ouvrir une démocratisation et une accessibilité grandissante à l’autopartage.

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04
Mai

Les perspectives du marché de l’autopartage

Le modèle de l’autopartage a bouleversé l’écosystème du marché automobile ces dernières années. Bien qu’encore marginal par rapport à l’usage de véhicules privés, ce moyen de mobilité a trouvé sa place.

Un état des lieux encourageant

Selon l’étude du BCG (Boston Consulting Group) datant de février dernier le plus grand marché reste l’Asie Pacifique (Chine, Hong Kong, Japon, Asutralie, Nouvelle-Zélande, Malaisie, Singapour, Corée du Sud et Taiwan) avec 2,3 millions d’usagers et 33,000 véhicules. L’Europe (Russie et Turquie incluses) représente néanmoins le marché où les services sont les plus présents par rapport aux nombres d’habitants, avec 2,1 millions d’usagers et 31,000 véhicules. Enfin, l’Amérique du Nord arrive en troisième place avec 1,5 million d’usagers et 22,000 véhicules au compteur.

Au niveau mondial c’est donc 86,000 véhicules qui roulent déjà en autopartage, avec 5,8 millions d’usagers. Cela représente également 2,5 milliards de minutes réservées par an et un revenu annuel de 650 millions d’euros pour les trois marchés.

carsharingbcg3Source : BCG

Le champion mondial est l’Allemagne, qui compte pas moins de 140 services d’autopartage : entre 2001 et aujourd’hui le nombre de véhicules est passé de 1000 à 15400, ce qui représente la moitié de la flotte européenne. Mais même dans ce pays adepte, l’autopartage représente un mode de mobilité encore trop peu privilégié : il représente seulement 0,1% des choix de déplacement, contre 29,5% pour les véhicules privés.

Pourtant il a été calculé qu’en Europe les conducteurs urbains conduisant moins de 7500 kilomètres par an paieraient moins en partageant qu’en possédant un véhicule.

carsharingbcgSource : BCG

Toujours selon le BCG, les choses vont encore s’accélérer. D’ici 2021, il y aura 35 millions d’usagers, avec un revenu annuel de 4,7 milliards d’euros. Et c’est le marché européen qui prendre la tête, avec un revenu de 2,1 milliards. La réservation de minutes s’élèvera à 1,5 milliards…par mois ! Chaque voiture sera utilisée 15% du temps, laissant le temps pour la maintenance, le repositionnement et la recharge de carburant, et seront remplacées tous les 12 mois. Et cette accélération de l’autopartage dépasse d’ores et déjà la sphère des particuliers.

Un modèle attractif pour les entreprises

2015 a en effet été l’année où l’autopartage, et plus généralement, l’économie partagée a vu croître un public  : les entreprises, intéressées par des services plus connectés, commodes et économiques.

Selon Sarwant Singh, Senior Partner et Practice Director of Automotive and Transport chez Frost & Sullivan, « l’autopartage, initialement basé sur les modèles B2C et P2P, fonctionne désormais aussi en B2B avec la popularité croissante de l’autopartage en entreprise. »

Une étude du célèbre cabinet Frost & Sullivan prévoit ainsi qu’entre 75000 et 100000 véhicules d’entreprises devraient fonctionner en autopartage d’ici 2020 en Europe. L’écosystème évoluera aussi en parallèle, avec une multiplication des acteurs en présence et un nombre d’entreprises intégrant un service d’autopartage pour leurs employés passant de 200 en 2013 à 4000 d’ici 2020. Attractif, ce modèle permet une réduction de 30% du coût global d’un parc automobile.

carsharingbcg2Source : BCG

Dans un article pour L’Opinion le président de l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise (OVE), Bernard Fourniou, évoque également cette évolution des politiques de déplacements dans beaucoup d’entreprises. Aussi bien la recherche d’une réduction du poids du poste transports, le souci d’une mobilité durable ou encore l’impact de la numérisation de l’économie sont à l’origine de cette vague de changements. La sphère numérique brouille de plus en plus les frontières établies entre déplacement professionnel et personnel, en offrant une accessibilité accrue aux usagers en semaine ou durant les week-ends. 

Les systèmes de réservation de voiture en libre-service représentent ainsi une belle solution pour les entreprises ne pouvant pas garantir l’entretien d’une flotte de véhicules de fonction, tout en résolvant également une partie des problèmes liés aux endroits de stationnement. Les voitures autonomes, disponibles notamment en autopartage, sont une autre étape de ce changement de modèle de mobilité, mais ne toucheront en force le marché qu’en 2027 selon les prévisions du BCG.

– Laura Didelot

Crédit image de couverture : Supertotto

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23
Jan

Mobility Tech Green : Un autopartage pour entreprises qui roule

« Au-delà de la simplicité de mise en œuvre et de l’ergonomie de nos solutions d’autopartage, nous analysons très précisément le parc existant de nos prospects. Nous les accompagnons ainsi en amont de leur demande afin de mieux cerner leurs besoins et de proposer ainsi des conseils de qualité. Nous sommes réactifs et nous pouvons réaliser les développements spécifiques sur-mesure en fonction des besoins clients. Solutions all inclusive qui couvrent l’ensemble des processus d’utilisation du libre-service automatisé, nos offres d’autopartage sont full web et non intrusives. Nous accompagnons la conduite du changement avec une véritable relation de confiance. Si nous comptons plus de 100 000 utilisateurs actifs ce n’est pas un hasard ! » évoque Didier Houal, directeur technique et co-fondateur.

cloud autopartage

Comment se passe une installation ?

« Je dirais que rapide et efficace sont les maîtres mots chez Mobility Tech Green ! La nature non-instrusive de notre installation fait la véritable force de notre société. Très rapide à mettre en place, notre système d’autopartage s’intègre facilement à votre flotte existante. Selon les demandes clients, nous pouvons installer notre équipement sur n’importe quelle typologie de véhicule. Nous disposons d’une véritable force sur ce domaine car nous pouvons intervenir sur n’importe quel pays Européen en moins de 24 heures ! » explique Francois Leroux, responsable production.

Quelle place pour l’innovation chez Mobility Tech Green ?

« Avec un paradigme clairement orienté innovation technologique. Nous avons de cesse de créer et de développer de nouveaux algorithmes et technologies embarquées afin de simplifier à la fois le parcours de l’utilisateur final, mais aussi celui du gestionnaire de flotte. Il y’a eu une véritable émulsion autour de l’autopartage depuis quelques années et nous accompagnons ainsi le changement de rapport au véhicule avec une expérience de plus de 10 ans sur le secteur B2B. Nous couvrons ainsi à la fois les grands comptes avec e-Colibri : notre technologie de gestion de flotte en autopartage, mais aussi Mobilycar : un autopartage clé en main en mode All in One à moins de 380€/mois avec le véhicule. Enfin, nous avons développé un produit dénommé Carsharing ready qui comprend la puissance de notre solution e-Colibri pour 59€/mois : idéal pour les entreprises et les collectivités désireuses d’une offre par abonnement. Enfin, notre volonté de produire 100% français est aussi une valeur qui nous est chère. Nous sommes ravis de voir l’attrait qu’à la French Tech à l’international et nous avons de très beaux projets à dévoiler cette année ! » annonce Alexandre Fournier, responsable marketing et communication.

autopartage B2B

Comment envisagez-vous l’avenir de Mobility Tech Green ?

« L’année 2014 fut un très bon cru en ce qui concerne le développement de notre activité. Les choses s’accélèrent grandement pour nous et nous devons recruter pour combler les demandes client. Tourné vers l’international, notre but est très clairement d’apporter notre expertise de l’autopartage B2B sur le marché Européen. Continuer d’innover et démocratiser l’autopartage sera ainsi notre principale volonté ! « conclut Pascal Roux, CEO.

 

 

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28
Nov

La mobilité partagée à l’étude !

La période de marasme économique que nous connaissons alliée à l’augmentation de la sensibilisation à l’environnement du grand public a propulsé la mobilité partagée sur le devant de la scène. Grâce aux études de de l’Université de Berkeley en Californie : Transport Sustainability Research Center (EVRC), une série de publications récentes expose la façon dont l’économie collaborative a eu un impact significatif sur les modes de transport traditionnels. La plus récente fut le rapport semi-annuel des perspectives du marché de l’autopartage. La publication observe ainsi une croissance substantielle des deux variables principales, à savoir le nombre de véhicules partagés et le nombre d’abonnés à un service d’autopartage aux Etats-Unis. Le nombre de membres est passé de 995 926 en 2013 à 1.337.807 cette année (une hausse de 34%), tandis que le nombre de véhicules est passé de 16 811 à 19 115 (14% de hausse). Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants lorsque l’on compare les résultats avec les chiffres de 2003 : 25 640 membres et 696 véhicules !

Carsharing Outlook

Reconnaissant la nécessité d’une rencontre interprofessionnelle au sujet de l’utilisation partagée de la mobilité, l’EVRC a créé le premier sommet de l’utilisation partagée de la Mobilité en Octobre 2013. Près de 300 participants, dont des décideurs, des intervenants, des universitaires et des représentants de l’industrie se sont réunis à San Francisco pour discuter du présent et de l’avenir de services de mobilité à usage partagé. La rétrospective de ce sommet met l’emphase sur une préoccupation principale, la nécessitée et l’intégration d’une approche multimodale. D’autres défis sont également à noter tels que la question de l’équité et de l’équilibre des données ouvertes avec le respect de la vie privée des utilisateurs. Ce sommet fut aussi l’occasion d’aborder le thème de l’autopartage entre particuliers, notamment la connaissance du grand public concernant cette thématique. Basée sur l’étude réalisée en octobre dernier par l’Université de Berkeley, le constat est plutôt contrasté. En effet, du côté négatif, l’enquête révèle une faible sensibilisation à l’autopartage P2P, en particulier chez les personnes n’ayant pas accès à un véhicule privé. Moins de 50% des répondants de San Francisco et 25% des résidents d’Oakland avaient connaissance d’un service d’autopartage entre particuliers alors que respectivement 84% et 62% connaissaient un service d’autopartage public. Côté positif, il y’a un véritable intérêt pour le public à cette problématique. A ce titre, 60% des résidents de San Francisco et 75% des répondants d’Oakland n’ayant pas accès à une voiture personnelle envisagent de louer un véhicule en autopartage P2P.

P2P Carsharing

Une dernière étude de l’EVRC à propos de l’utilisation de services de transport à la demande entre particuliers et de l’industrie des taxis souligne la difficulté actuelle de statuer positivement ou négativement de ces conséquences sur les modes de transports traditionnels. Effectivement, cette étude menée à San Francisco a constaté que les services de transports à la demande entre particuliers deviennent un véritable substitut pour les longs trajets mais apparaissent comme complémentaires aux transports en commun et aux services de taxis sur les autres trajets. Cette conclusion semble donc aller à l’encontre des récentes statistiques du SFMTA qui pourrait s’expliquer notamment par la méthodologie de l’étude.

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25
Nov

Autopartage : Etat de l’art du marché et chiffres clés

Durant la dernière décennie, la répartition de la population urbaine mondiale est passée de 25% à 50%. Plus de 3 milliard d’individus vivent actuellement en ville. Dans 25 ans, il y’aura 9 milliard de personnes qui cohabiteront en milieu urbain, soit plus de la population mondiale totale d’aujourd’hui ! En 2005, près de 890 millions de véhicules parcouraient la planète (CCFA, 2005). En 2007, le milliard était dépassé. De 1955 à 2005, l’augmentation de leur nombre a été environ trois plus rapide que la croissance de la population. Les Etats-Unis restent le pays le plus motorisé du monde avec 844 véhicules pour 1000 habitants en 2007. Heureusement, la tendance est à la dimininution. De même, le nombre de véhicules s’est stabilisé ou augmente faiblement dans les pays dits « développés » comme l’Allemagne, la France, le Japon et le Canada. Aujourd’hui, ce sont les économies émergentes qui dopent le marché de l’automobile : il y avait 3,8 millions de voitures en Chine en 2000, 43,2 millions en 2011, la troisième plus importante flotte après les Etats-unis et le Japon. Dans le même temps, la Russie est passée de 20,4 milliions à 365,4 millions d’unités ; le Brésil de 15,4 millions à 27,4 millions ; l’Inde de 5,2 millions à 14,2 millions. Selon les Nations Unies, le parc automobile mondial devrait tripler d’ici 2050, alimenté à 80% par les économies en développement.

Mobility tech Green

Pour Frost & Sullivan, le secteur de la mobilité serait sur le point de connaître une énorme mutation. En effet, le paradigme de la mobilité semble progressivement passer de la possession à l’utilisation de la voiture grâce à la très forte croissance des secteurs de la location, de l’autopartage et du covoiturage. De plus, force est de constater que ces nouveaux modes de mobilité touchent aussi bien les particuliers que les entreprises. C’est notamment le cas de l’autopartage qui a énormément gagné en popularité ces dernières années. Avec une croissance de 50% des abonnements, l’autopartage est désormais adopté par les entreprises. Selon Sarwant Singh, Senior Partner et Practice Director of Automotive and Transport chez Frost & Sullivan, « l’autopartage, initialement basé sur les modèles B2C et P2P, fonctionne désormais aussi en B2B avec la popularité croissante de l’autopartage en entreprise. ». En effet, l’autopartage apparaît pour les entreprises comme une alternative à leur parc automobile souvent coûteux. Ainsi, Frost & Sullivan estime que d’ici 2018-2020, 80 000 véhicules devraient fonctionner en autopartage dans les entreprises en Europe. Le nombre d’acteurs sur le segment de l’autopartage pour entreprise passera de 13 eu Europe en 2013 à 30 d’ici 2020. Le nombre d’entreprises Européenes intégrant un service d’autopartage pour leurs employés va passer de 200 en 2013 à 4000 d’ici 2020 et représentera 0,5% de la flotte globale des entreprises Européenes. (0,01% en 2013). Enfin, l’institut Roland Berger, il semblerait que le marché de l’autopartage concernant l’empire du milieu devrait croître de 80% par an durant les 5 prochaines années ! Cela s’explique notamment par des subventions gouvernementales et des mesures incitatives. En effet, l’Etat Chinois prévoit ainsi de réserver des places de parking réservées pour les véhicules en autopartage. Les analystes prévoient ainsi que le marché mondial de l’autopartage va croître de 41,35% par an sur la période 2013-2018. Le présent rapport couvre l’état de l’art actuel et les perspectives de croissance du marché mondial de l’autopartage au cours de la période 2014-2018.

Mobility Tech green

Une voiture, un conducteur, 13000 km, 4300€ de budget par an

« Aujourd’hui, la voiture individuelle, inexploitée 95 % du temps, est la règle pour les déplacements urbains, périurbains ou de longue distance », reconnaît l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Mais, dans un rapport sur les déplacements à l’horizon 2050, l’Ademe s’attend à ce que le nombre de véhicules se réduise de 35 à 22 millions. Ce que l’association France Nature Environnement (FNE) traduit par la « fin du tout-voiture solo » dans un guide à destination des élus et des décideurs. Les différents experts du secteur pronostiquent pour 2014 une année pleine de promesses, en particulier pour les entreprises ayant de forts besoins en mobilité. En effet, le nombre d’utilisateurs de services d’autopartage est à ce titre estimé à 15 millions  d’ici 2020 (comptant actuellement  700 000 utilisateurs en 2013 selon les analyses de Frost & Sullivan). Cette croissance à longs termes repose principalement sur un facteur principal. L’économie collaborative ! Mouvance ayant émergée dans le secteur de l’industrie de la musique et qui est devenue un modèle plébiscité par les jeunes consommateurs. Lisa Jerram, Analyste chez Navigant Research évoque à ce propos « En 2013, les constructeurs automobile ont observé que ces nouveaux modèles de consommation  sont une véritable opportunité et doivent s’adapter car ils n’emprunteront pas la route traditionnelle ». A ce titre, AlixPartners LLP, célèbre cabinet de consulting Américain reconnu dans la sphère de l’automobile, évoque le fait que les Américains se tournent de plus en plus vers l’autopartage et délaissent l’achat d’automobiles. Effectivement, la pratique de l’autopartage a permis d’éviter l’achat de 500 000 voitures neuves ou d’occasion de plus entre 2006 et 2013 ! Les Etats-Unis voient donc eux aussi le changement du paradigme de la possession pour celui de l’usage.

Carsharing study

Un cas emblématique de la réussite de l’autopartage : Chicago

A Chicago, plus de 1200 employés ont recours à l’autopartage. Selon Kevin Campbell, directeur du parc automobile de la ville de Chicago, la ville a réalisé des économies considérables en passant à l’autopartage. Sa flotte est passée de 1000 à 650 véhicules depuis la mise en place du système. Par ailleurs, la ville a également réduit ses coûts de parking qui s’élevaient auparavant à 200euros par mois et par véhicule. Au final, la ville de Chicago a réalisé plus de 7 millions de dollars d’économies depuis le 1er janvier 2011 ; le coût total pour la mise en place du systèmes s’élève ainsi à 500 000 dollars. Mais Chicago n’est pas en reste, l’ingénieur civil Kara Kockelman de l’Université d’Austin au Texas a récemment modélisée cette problématique avec son équipe de recherche. En utilisant comme référentiel la densité de  la population d’Austin, ils ont simulé un trajet domicile travail moyen en se basant sur l’hypothèse que seulement 5% de ces voyages seraient réalisés par des véhicules autonomes en autopartage. Le reste étant effectué traditionnellement par des voitures personnelles. Les résultats offrent un aperçu très intéressant d’un monde sans possession de voiture. En effet, chaque véhicule sans conducteur mis en autopartage a remplacé 11 voitures en circulation ! En effet, les quelques 20 000 personnes qui composaient ce réseau d’autopartage avaient comblés leurs besoins de mobilité par seulement 1700 véhicules autonomes en autopartage contre en moyenne 20 000 voitures personnelles. Fait très important, ces membres ont en moyenne attendu seulement 20 secondes avant d’être servis par le service !

Un route toute tracée vers le véhicule autonome ?

Le chercheur Alain Kornhauser de l’Université de Princeton travaillant sur les véhicules autonomes évoque à ce propos « Ce qu’il va certainement se passer, c’est que plus personne ne sera possesseur d’une voiture ! Si vous pouvez accéder à la mobilité il est plus adéquat d’acheter le contenu que le contenant » explique-t-il. « Le problème d’aujourd’hui est le fait que les personnes achètent un véhicule pour combler leurs éventuels besoins de mobilité. Mais les voitures sans conducteurs changent véritable l’équation. A l’heure actuelle moins de 17% des véhicules par ménage circulent en même temps. Même si une fraction minime des ces voitures non utilisées était remplacée par de l’autopartage de véhicules autonomes, la réduction du coût kilomètrique global serait immense » nous explique Monsieur Kornhauser. Son affirmation étant d’autant plus pertinente lorsque l’on considère qu’1/4 des membres de services d’autopartage ont abandonné leur voiture personnelle ! Enfin, entre 2015 et 2020, le cabinet Strategy& et PwC estime que le marché du véhicule connecté aura quadruplé et atteindra 115,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde en 2020 ! Un boom qui bénéficiera essentiellement à deux segments de technologies : la sécurité et l’aide à la conduite, qui atteindront respectivement 47,34 et 35,66 milliards d’euros à l’horizon 2020.

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08
Avr

Étude AlixPartners sur l’autopartage : Berlin et Londres reines de l’Europe, Rome et Madrid à la traîne

Le nombre d’utilisateurs de services d’autopartage en Europe est voué à augmenter de manière significative dans les prochaines années. Sur le vieux continent, l’Allemagne est aujourd’hui sans conteste le pays dans lequel le « partage de voiture » (2300 véhicules) est le plus répandu avec en tête Berlin possédant plus de 200 000 abonnés, tandis que Rome et Madrid sont les mauvais élèves parmi les capitales. Néanmoins l’Italie n’est pas en reste ! En effet, les chiffres de croissance du taux d’utilisation de l’autopartage à Milan ainsi que dans plusieurs villes Européennes sont extrêmement encourageants. Ainsi par exemple, Milan prévoit plus de 95 000 abonnés d’ici 2016 pour un total de véhicules en autopartage de plus de 1500 unités. Cela s’explique notamment par une véritable volonté d’abandon de la propriété pour une logique d’utilisation de véhicules et des coûts inhérents au fonctionnement et à l’entretien.

Telles sont les principales tendances qui se dégagent de l’analyse du cabinet international de conseil AlixPartners sur le thème « L’auto-partage. Défis et opportunités de la nouvelle mobilité urbaine ». Cette étude postule de fait, que plus de 4 millions de voitures vont disparaître des rues d’Europe et des Etats-Unis d’ici 2020.

autopartage chiffres 2016

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03
Mar

L’autopartage fédère plus de 755 000 utilisateurs Allemands

Effectivement, nous commençons cette semaine avec une nouvelle plutôt impressionnante ! Nos amis Allemands sont près de 760 000 inscrits à un services d’autopartage au 1er janvier 2014, soit une progression de plus de 60% à n+1 ! Ce chiffre fourni par l’association fédérale de l’autopartage s’inscrit dans la lignée de cet engouement car, rappelons-le, les inscriptions à un service d’autopartage en 2013 avaient augmenté de 139%.

Le secteur connaît donc un véritable boom et les services d’autopartage affichent des taux records d’utilisateurs. En effet, les services de mobilité mettant à disposition leurs véhicules dans des stations fixes ont ainsi accru le nombre d’utilisateurs de 18,5% l’année dernière (soit plus de 320 000 clients). Selon les analyses liées à l’utilisation de ces services, chaque véhicule mis à disposition est partagé entre 40 à 70 clients.

carsharingKarlsruhe est la ville allemand la plus équipée en « voitures partagées », avec 2 véhicules en autopartage pour 1 000 habitants, devant Stuttgart (1,38 véhicule en autopartage pour 1 000 habitants), Cologne (1,17), Düsseldorf (1) et Munich (0,87). Cette étude souligne aussi la rentabilité de l’autopartage pour des utilisateurs effectuant moins de 10 000km par an.

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04
Fév

L’autopartage, réelle alternative à l’achat de véhicules.

Selon une récente étude, les services d’autopartage deviennent une alternative sérieuse à l’achat de véhicules neufs et d’occasions. En effet, AlixPartners LLP, célèbre cabinet de consulting Américain reconnu dans la sphère de l’automobile, évoque le fait que les Américains se tournent de plus en plus vers l’autopartage et délaissent l’achat d’automobiles. Effectivement, la pratique de l’autopartage a permis d’éviter l’achat de 500 000 voitures neuves ou d’occasion de plus entre 2006 et 2013 ! Les Etats-Unis voient donc eux aussi le changement du paradigme de la possession pour celui de l’usage.

L’étude se base sur une enquête menée auprès des adeptes de l’autopartage dans 10 villes Américaines majeures où l’auto partage s’est développé (Boston, Washington, D.C., New York, San Francisco, Seattle, San Diego, Miami, Chicago, Austin, Texas, and Portland, Ore) et démontre qu’un véhicule en autopartage évite l’achat de 32 véhicules personnels !

Après analyse des données, AlixPartners LPP conclue qu’environ 48% des personnes utilisant l’autopartage régulièrement n’ont plus besoin de posséder un véhicule et n’achètent donc pas de voitures. La firme extrapole ensuite ses résultats en mettant en avant le fait que l’autopartage est un service en plein essor, et de fait, aura un impact majeur sur les ventes de voitures à l’avenir. Cette analyse se trouve justifiée par 2 éléments concrets. Premièrement, le nombre de pratiquants de l’autopartage ne cesse de croître depuis 2008 selon Susan Shaheen, co-directrice du centre de recherche sur les transports durables à l’université de Californie et experte de l’autopartage. Deuxièmement, le nombre d’adeptes de l’autopartage est estimé à plus de 4 millions d’ici 2020 et remplacerait l’achat de plus d’un million de véhicules durant cette période.

croissance autopartage

Enfin, Michael Sivak, chercheur à l’institut de recherche des transports de l’université du Michigan conclu dans la récente étude de juillet dernier que « le nombre de véhicules sur la route par foyer et par permis, ainsi que celui du nombre de kilomètres parcourus par conducteur, par foyer et par permis a drastiquement diminué depuis une décennie ». Mark Wakefield, directeur de l’étude menée par AlixPartners LPP conclue « Notre étude démontre que la volonté des Américains d’éviter l’achat d’automobiles via l’alternative de l’autopartage est bien plus grande que ce que les gens pensent ».

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