Faut-il supprimer les voitures de fonction attitrées pour passer sa flotte à l’autopartage ? La question agite les gestionnaires de parc, les DRH et les directions financières. Elle a pourtant un défaut majeur : elle suppose qu’il faut choisir. En 2026, entre un plan gouvernemental ambitieux pour la mobilité partagée et des collaborateurs attachés à leur véhicule, la vraie réponse se trouve ailleurs dans un modèle hybride où chaque véhicule change de statut selon les besoins réels. C’est exactement ce que permet le véhicule libéré, une fonctionnalité native de la plateforme e-Colibri™.
2026, l’année du basculement
Le contexte réglementaire et économique n’a jamais autant poussé les organisations vers la mutualisation de leur flotte. Le gouvernement a dévoilé un plan visant à multiplier par cinq le nombre de véhicules en autopartage en France, avec un objectif de 70 000 véhicules d’ici 2031. Ce plan s’accompagne d’une expérimentation lancée dès 2026 avec l’ADEME pour intégrer l’autopartage dans les flottes professionnelles. L’enjeu climatique est chiffré : le secteur estime le potentiel à environ un million de tonnes de CO₂ évitées d’ici 2031.
Côté usages, l’Enquête nationale autopartage de l’ADEME confirme un regain d’intérêt marqué pour l’autopartage en entreprise. Ce qui relevait hier d’un tableau Excel partagé entre collègues est devenu un service connecté : réservation sur mobile, ouverture du véhicule par smartphone, reporting automatisé. La presse spécialisée comme généraliste en fait désormais un sujet récurrent, et le symbole qu’elle attaque est toujours le même : la voiture de fonction attitrée, garée sur sa place réservée, qui roule quelques heures par semaine.
Ajoutez la pression sur les coûts de mobilité, les obligations de verdissement des flottes issues de la LOM et l’extension des ZFE : toutes les trajectoires convergent vers un même constat. Le modèle « un véhicule = un collaborateur » arrive en bout de course.
Le vrai problème : des véhicules attribués qui dorment
Un véhicule de flotte attribué passe l’essentiel de son temps à l’arrêt. Stationné pendant les réunions, immobilisé pendant les congés et les jours de télétravail, il continue pourtant de générer l’intégralité de ses coûts fixes : loyer ou amortissement, assurance, stationnement, entretien. Le calcul du TCO (coût total de possession) le montre systématiquement : le coût réel d’un véhicule ne dépend pas de ce qu’il roule, mais de ce qu’il existe. Un parc composé de véhicules attitrés est donc, par construction, surdimensionné : chaque service, chaque poste, chaque collaborateur « éligible » justifie un véhicule supplémentaire, indépendamment du kilométrage effectif.
Résultat : des taux d’utilisation faibles, des indemnités kilométriques qui persistent en parallèle (parce que le véhicule disponible n’est jamais celui dont on a besoin, là où on en a besoin), et un bilan carbone de flotte difficile à défendre dans un rapport RSE. La mutualisation répond mathématiquement à ce problème : moins de véhicules, mieux utilisés, pour un service équivalent. Mais si l’équation est simple sur le papier, elle se heurte à une réalité humaine qu’il serait naïf d’ignorer.
Pourquoi le « tout partagé » fait peur et pourquoi c’est légitime
L’attachement au véhicule attribué
La voiture de fonction n’est pas qu’un outil de déplacement. C’est un élément de package de rémunération, un marqueur de reconnaissance, et surtout une garantie : celle d’avoir un véhicule disponible, immédiatement, sans réservation ni incertitude. Annoncer du jour au lendemain la fin des attributions, c’est toucher à un acquis et s’exposer à une résistance qui peut faire échouer le meilleur des projets de mobilité.
Les limites du pool intégral pour certains profils
Soyons honnêtes : le pool partagé pur ne convient pas à tout le monde. Un commercial itinérant qui enchaîne les rendez-vous, un technicien d’astreinte qui peut être appelé à 3 heures du matin, un cadre dont le véhicule transporte du matériel spécifique : pour ces profils, l’attribution reste le modèle pertinent. Le problème n’est donc pas l’attribution en soi. C’est l’attribution figée — celle qui immobilise un actif même quand son conducteur est en congés trois semaines, en séminaire ou en télétravail.
La troisième voie : le véhicule libéré
C’est précisément pour sortir de ce dilemme que Mobility Tech Green a développé la fonctionnalité de véhicule libéré au sein de sa plateforme e-Colibri™.
Le principe : un statut, pas une doctrine
Dans le back office e-Colibri™, chaque véhicule de la flotte dispose d’un statut modulable. Il peut être « attribué » réservé à l’usage d’un ou plusieurs collaborateurs désignés ou « libéré », c’est-à-dire versé dans le pool de véhicules partagés, réservable par l’ensemble des utilisateurs autorisés.
Ce n’est pas un choix définitif inscrit dans la politique de flotte : c’est une bascule, réversible à tout moment. Le même véhicule peut être attitré du lundi au vendredi et libéré pendant les congés de son conducteur. La flotte cesse d’être divisée en deux camps (les véhicules de fonction d’un côté, le pool de l’autre) pour devenir un ensemble fluide, piloté par l’usage réel.
Qui décide ? Le collaborateur ou le gestionnaire
La bascule peut être déclenchée à deux niveaux, et c’est ce qui fait la force du dispositif :
– Par le ou les collaborateurs attribués eux-mêmes : Avant un départ en congés, une semaine de télétravail ou un déplacement en train, le collaborateur choisit de libérer son véhicule dans le pool. C’est un geste volontaire, valorisable dans la démarche RSE de l’entreprise — et qui transforme le conducteur en acteur de la mutualisation plutôt qu’en victime d’une réforme imposée.
– Par le gestionnaire de parc : Depuis le back office, le gestionnaire pilote les statuts à l’échelle de la flotte : il peut libérer des véhicules sous-utilisés, réattribuer un véhicule du pool à un nouveau collaborateur, ou organiser les bascules en fonction des pics d’activité saisonniers.
Ce que ça change concrètement
Prenons la semaine type d’un véhicule libéré. Lundi et mardi, il est attribué à sa conductrice habituelle, qui enchaîne les rendez-vous clients. Mercredi, elle télétravaille : le véhicule, libéré la veille en deux clics, est réservé par un collègue pour une visite de site. Jeudi et vendredi, elle le récupère. La semaine suivante, elle part en congés : le véhicule rejoint le pool pour quinze jours et absorbe les besoins ponctuels de trois services différents. Un seul véhicule, zéro journée d’immobilisation inutile, aucun renoncement pour sa conductrice attitrée. Multipliez ce scénario par l’ensemble des véhicules attribués d’une flotte, et le surdimensionnement du parc se résorbe sans supprimer une seule attribution de force.
Conclusion
Le véhicule libéré n’est pas seulement une fonctionnalité : c’est un outil de conduite du changement. Voici une trajectoire éprouvée en trois temps.
1. Commencer par le volontariat : Ouvrez la possibilité de libérer son véhicule aux collaborateurs attribués, sans obligation. Communiquez sur les premiers gestes, valorisez-les. Les données de réservation feront le reste : un véhicule libéré qui trouve preneur à chaque bascule est le meilleur argument qui soit.
2. Mesurer et objectiver : Le back office e-Colibri™ trace chaque bascule et chaque réservation. Au bout de quelques mois, vous disposez d’une cartographie factuelle : quels véhicules sont réellement indispensables en attribution permanente, lesquels peuvent vivre en statut mixte, lesquels ont vocation à rejoindre définitivement le pool.
3. Ajuster la politique de flotte : Sur la base de ces données, redimensionnez le parc au renouvellement des contrats : moins de véhicules, un pool plus riche, des attributions maintenues là où elles se justifient. La transition s’est faite par la preuve, pas par le décret.
Pour toute question ou information supplémentaire, n’hésitez pas à nous contacter. Nous vous invitons également à rejoindre le Lab’ et à continuer à collaborer avec nous pour transformer la mobilité durable.
À très bientôt pour de nouvelles innovations avec Mobility Tech Green !













