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Nous sommes en 1958 aux États-Unis. L’automobile est reine. Reine sur les routes mais aussi sur les écrans où le rêve américain s’écrit au volant d’une Chevrolet Bel Air flambant neuve. Une ère post-guerre qui apporte au secteur automobile un dynamisme inouï dans le pays, avec une production en masse de véhicules. La voiture devient objet de consommation et de fantasme. Mais les rêves de mobilité ne s’arrêtent pas là, comme le démontre bien le court-métrage réalisé en 1958 par Disney, Magic Highway.


Avec son rétro-futurisme au charme désuet et ses prédictions troublantes, Magic Highway nous offre une vision fascinante de la mobilité à travers le prisme des révolutions technologiques des années 50. Alors qu’une course à l’innovation fait rage dans le secteur automobile pour confirmer sa place sur un marché florissant, le regard est tourné vers le futur. Un futur où aujourd’hui et demain se mêlent habilement, l’esthétique des années 50 se combinant avec des rêves technologiques lointains.


Des infrastructures routières déroutantes


C’est tout d’abord au niveau des infrastructures routières que le rêve se profile. Ces autoroutes magiques se construisent quasi immédiatement grâce à une machine géante. Des ponts pré-fabriqués sont nonchalamment déposés  au dessus des nouvelles voies. Bienvenue dans l’ère de l’automatisme, où le labeur humain est diminué pour laisser place au leisure, ce loisir que les habitants redécouvrent dans les années 50 après une période économique difficile.

Bien plus que la notion d’infrastructure, ce court-métrage aborde des thématiques qui résonnent fortement avec des enjeux actuels. Parmi eux, l’étalement urbain de nos métropoles, conséquence à la fois de l’augmentation de la population mais aussi de l’amélioration des réseaux routiers qui permet à chacun de se déplacer plus facilement. Les travailleurs habitent ainsi plus loin des centres urbains, mais peuvent compter sur la qualité de ces magic highways multicolores pour se déplacer en un clin d’œil !

À terme, ces autoroutes deviendraient tubulaires (hello, Elon Musk !) et permettraient de se déplacer encore plus rapidement, reliant les plus grandes villes du monde en un temps réduit de trajet à la manière de l’utopique Hyperloop.

Dans ce futur technicolor, les autoroutes sont vecteurs d’innovation, mais pas que. Dans l’habitacle du véhicule de nouveaux équipements pointent leurs nez, et concernant ce sujet la vision de Disney est beaucoup moins fantasmagorique. Au fil des minutes les technologies présentées nous semblent bien familières…


Des équipements de sécurité et de pilotage intégrés


Du brouillard sur l’autoroute ? Pas de soucis, le pare-brise devient un radar qui détecte les objets à proximité pour sécuriser la conduite dans toutes les situations ! À l’arrière, un écran permet de vérifier la distance avec les autres véhicules, à la manière d’une caméra de recul. La sûreté au volant est donc améliorée grâce à la présence d’équipements électroniques dédiés. Aujourd’hui encore, l’une des problématiques majeures de la connectivité dans les véhicules est sans aucun doute la sécurité et l’amélioration du confort de conduite.

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Le véhicule devient autonome


L’électronique assurant le pilotage complet du véhicule : Disney l’imaginait déjà. Et plus encore, c’était un accomplissement ultime. Un véhicule se déplaçant tout seul, sans intervention humaine, c’est surtout du temps gagné pour le conducteur qui peut alors se relaxer en compagnie de sa famille. Cette notion de temporalité est évoquée de nombreuses fois, faisant toujours référence à ce loisir retrouvé. Le véhicule devient lieu de divertissement ou encore de travail, des visio-conférences pouvant être organisées grâce à la présence d’écrans.

Pour se rendre d’un point A à un point B en conduite autonome, l’usager n’a qu’à insérer une carte à trous dans une machine sur le tableau de bord. Le véhicule calcule alors automatiquement l’itinéraire à emprunter et montre en temps réel sa position sur une carte.

Le véhicule est autonome mais aussi modulaire ! À l’entrée de la ville celui-ci se sépare en effet en plusieurs modules afin de mener chaque membre de la famille à bon port. Cette image d’une flotte de véhicules modulaires et autonomes fait écho à des projets comme celui mené par Next Future Transportation à Dubaï. Le transport est pensé comme un ensemble de modules pouvant se coupler ou se découpler selon les besoins de mobilité à un instant T.


Il est parfois fascinant de constater à quel point l’imagination et des rêves qui semblent inatteignables sont vecteurs d’innovation technologique. Comment des visions naïves peuvent se transformer en nouveau modèle universel.

Dans ce court-métrage, Disney n’envisageait pas seulement les avancées techniques de nos infrastructures routières et de nos véhicules, mais également les impacts directs que ceux-ci auront sur nos modes de vie. Une nouvelle mobilité qui induit une nouvelle relation à la sphère familiale et, plus globalement, au monde entier. Nous n’avons pas encore d’autoroutes multicolores, ou vaisseau volant personnel comme les Jetson, mais certains aspects de cette Magic Highway sont déjà bien ancrés dans notre quotidien.