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Berceau historique de la manufacture automobile à l’histoire tourmentée, la ville de Détroit a su inspirer David Cage et son équipe pour le quatrième jeu du studio français Quantic Dream, Detroit : Become Human. Une vision anticipatrice de la « Motor City », direction 2038, durant laquelle la question de l’intelligence artificielle est omniprésente et où la mobilité urbaine tient un rôle à part entière.


Le générique du jeu se déroule sur une scène où le joueur découvre la ville de Détroit à travers la vitre d’une voiture. Là se dévoilent des éléments qui nous apparaissent aujourd’hui à la fois très lointains et pourtant palpables : les taxis autonomes sillonnent les routes à la recherche de potentiels passagers, les trains suspendus transportent leurs usagers à destination, les drones sillonnent les airs discrètement mais sûrement. La ville apparaît comme un enchevêtrement maîtrisé et intrinsèque de différents moyens de transports, incarnation de la mobilité multimodale qui émerge de nos jours.


Détroit : un passé industriel tourmenté


L’équipe de Quantic Dream dit avoir choisi cette ville en spécifique de par son passé industriel riche et son histoire hors du commun. L’histoire d’une ville industrielle qui a connu son apogée dans les années 20 en devenant le berceau de l’industrie automobile aux États-Unis. Henry Ford lançait alors son premier modèle automobile de masse, la Ford T, et instaurait son modèle du fordisme. La ville comptait pas moins de 18 constructeurs automobiles, créant emplois et dynamisme économique pour la région entière.

Concept art de véhicule / Detroit: Become Human

Le krach boursier de 1929 remetta déjà en cause cet essor, et peu à peu les industriels automobiles quittèrent la ville : seuls les « Big Three » (Ford, Chrysler et General Motors) gardèrent des usines de production ouvertes dans la ville. En 2013, suite à plusieurs conjonctures économiques mais également sociales, la ville de Détroit déclare faillite.

Le visage de la métropole a profondément changé, créant un paysage hautement inspirant pour un jeu vidéo où l’anticipation est le maître mot. Un tiers de la superficie de la ville est vide, et les friches industrielles se dressent encore comme des monuments à une gloire passée. La nature a parfois repris le dessus sur les constructions humaines, créant un contraste fascinant.

On est allés (à Détroit) avec l’équipe, et on a été émus par la ville et par son envie de se battre pour renaître de ses cendres. 

David Cage, PDG de Quantic Dream

Detroit : Become Human – ©Quantic Dream

Des ambiances riches visuellement et chargées historiquement, qui ont constituées un socle solide pour l’équipe artistique de Quantic Dream. Nous voici donc dans le Détroit de 2038, connaissant un nouvelle croissance économique grâce à une reconversion industrielle qu’elle entame déjà aujourd’hui. Sa nouvelle source de dynamisme ? La fabrication en masse d’androïdes. Une innovation technologique à la fois source de fantasmes et de nouveaux conflits sociaux au sein de la ville.


Une technologie ancrée dans l’anticipation et non la science fiction


Dans une vidéo présentant le jeu Detroit : Become Human, le directeur artistique de Quantic Dream, Christophe Brusseaux met l’emphase sur le fait que l’histoire ne s’ancre pas dans un monde de science-fiction mais bien un monde d’anticipation. La visualisation de la technologie, que ce soit les androïdes, les ordinateurs ou encore les véhicules connectés, se devait ainsi d’être quasi-invisible, s’inscrivant dans un quotidien qui nous semble familier malgré la différence temporelle.

À la une  #JeudiMobility : découvrez le nouvel épisode de notre Webtv !

Pas de voitures volantes à l’horizon donc, mais des véhicules qui nous rappellent des prototypes ou des produits d’ores et déjà fonctionnels. Les taxis autonomes qui sillonnent les rues de ce Détroit fictifs ressemblent ainsi énormément au concept e-Palette de Toyota, présenté cette année au CESUn certain symbole de l’ascension d’une économie du passager dans laquelle le véhicule autonome a une place centrale, comme le montre également le défilé de bus sans conducteurs.

Le concept e-Pallette de Toyota / Concept art Detroit: Become Human

Nous ne voulions pas créer un univers de science-fiction, mais plutôt un monde d’anticipation.

Christophe Brusseaux, Directeur artistique chez Quantic Dream

 

Une expérience immersive dans une ville où la technologie et la mobilité sont d’autant plus crédibles qu’elle sont déjà dessinées aujourd’hui par les différents acteurs industriels. La force de cette représentation technologique réside donc dans ce caractère plausible.


La mobilité au coeur d’enjeux sociétaux


Dans Detroit : Become Human, la question de la technologie et de la mobilité des personnes est évoquée dans les nombreux magazines qui parsèment le jeu.

Un numéro nous présente notamment le Subtube, qui permet d’effectuer un aller entre New York et Los Angeles en seulement deux heures, grâce à une vitesse maximale de 1800 miles par heure. Une référence comme un véritable clin d’oeil au fameux Hyperloop, d’Elon Musk, ambitionnant de rejoindre les capitales du monde en un temps réduit de voyage. Toutes ces avancées engendrent dans le jeu des conséquences qui nous concernent aussi : des mouvements de population entraînant une reconfiguration spatiale profonde.

Detroit : Become Human – ©Quantic Dream

Ce sont surtout les trajets domicile-travail qui sont ici affectés : les new yorkais découvrent ainsi le luxe de travailler dans leur ville d’origine mais de pouvoir habiter dans la chaleur de la côte ouest américaine. Les métropoles elles-mêmes changent de visage, comme un phénomène de gentrification accéléré.

Detroit : Become Human – ©Quantic Dream

Une autre problématique soulevée, intimement liée à l’IA et aux androïdes mêmes, est celle de la sécurité des véhicules autonomes et de leur capacité de decision making. Si il anticipe un accident, comment le véhicule réagira t-il ? Comment prendra t-il une décision de vie ou de mort d’autrui ? Ainsi, si deux piétons sont en danger, on nous explique que l’ordinateur effectue un calcul complexe prenant en compte toutes les données connues de l’individu – âge, statut familial, santé – afin de lui attribuer un score selon sa « valeur » pour la société. Des propos qui ne manquent pas de rappeler l’épisode Nosedive de Black Mirror, où chaque individu se doit d’entretenir un score afin de pouvoir évoluer librement et de conserver son statut social.

Des scénarios d’anticipation qui ont pour base des questionnements très actuels, le traitement et la sécurité des données produites par les véhicules autonomes étant une problématique centrale autant pour les acteurs du marché que le grand public. Ainsi, Detroit : Become Human est une expérience ludique, documentée et immersive qui nous confronte à un futur aux enjeux plus que familiers.


La mobilité en 2020 sans voiture individuelle ? Nous l’avons imaginé dans cet article prospectif !

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