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03
Mai

Voitures électriques autonomes et partagées : un incontournable de la mobilité de demain

Selon une nouvelle étude du Boston Consulting Group (BCG) 23% à 26% des kilomètres parcourus aux Etats-Unis pourraient être effectués à bord de voitures électriques autonomes et partagées (shared autonomous electric vehicles ou SAEV) d’ici 2030. 


Une étude d’envergure 


Pour atteindre cette estimation, BCG a effectué une enquête auprès de 6000 consommateurs et a étudié les motifs de circulation ainsi que la densité de population dans pas moins de 100 villes à travers le pays. Ce fort pourcentage peut être expliqué par plusieurs facteurs : ces véhicules sont à la fois économiques et pratiques, particulièrement dans les métropoles sujettes aux embouteillages et à la pollution de l’air.

La convergence de trois tendances de mobilité actuelle – l’autopartage, la conduite autonome et le déploiement des véhicules électriques – amène à une nouvelle forme de mobilité, plus efficace et avantageuse au niveau économique. En effet, les véhicules partagés électriques et autonomes ont la capacité de baisser de 60% les coûts de déplacement. Comme résultat on peut estimer que 5 millions de voitures individuelles par an pourraient être remplacées par des véhicules électriques autonomes ou semi-autonomes d’ici 2030.

Une transition plus proche qu’il n’y parait

«Une telle évolution de la mobilité n’est plus une fantaisie. La technologie existe et nos recherches démontrent que beaucoup de consommateurs l’adopterait», précise Brian Collie qui dirige le pôle de BCG dédié aux pratiques de l’automobile en Amérique du Nord. Collie ajoute que les différents acteurs doivent dès à présent se positionner afin de réussir cette transition en toute sérénité. Beaucoup de collectivités locales hésitent encore aujourd’hui, partagées entre la promesse d’une amélioration de la qualité de vie d’un côté et l’impact financier sur les transports publics de l’autre.

Ideo

Concept de véhicule autonome électrique Ideo

L’acronyme anglais SAEV suggère les bénéfices que pourraient apporter l’adoption massive de ces véhicules : les flottes pourraient sauver du temps, de l’argent mais également des vies humaines en améliorant la sécurité routière. BCG prend l’exemple d’un habitant typique de Chicago, possédant une voiture personnelle et roulant 10 000 miles par an : en utilisant un SAEV  plutôt que son véhicule il passerait d’un coût de 1,20$ à 0,50$ par mile effectué. Sur une année d’utilisation cela pourrait représenter jusqu’à 7000$ d’économies.


Des grands changements à venir 


Le passage à l’utilisation de SAEVs serait bien entendu graduel et aurait lieu principalement dans les grandes villes de plus d’un million d’habitants, où la possession d’un véhicule privé peut représenter un véritable fardeau (coût élevé d’assurance, manque de parking, embouteillages…).

Un autre moyen d’accélérer cette adoption serait l’émergence d’innovations technologiques et de nouveaux modèles financiers afin de réduire d’autant plus les coûts. Si le prix se trouve réduit, en incluant notamment de nouveaux services plus performants et des nouvelles sources de revenus, les services électriques et autonomes pourraient être déployés dans des villes de taille moyenne. Les principaux défis à venir sont d’ordre technique et structurel, même dans les très grandes villes. Tout cela nécessite en effet des équipements spécifiques afin de fonctionner de manière optimale et convaincre les usagers.

Des challenges de taille

Beaucoup de consommateurs restent prudents envers cette technologie et ne sont souvent pas pressés d’abandonner les bénéfices de la possession d’une voiture individuelle. Il est vrai cependant que cette transition aurait un impact conséquent sur le budget d’un foyer mais aussi de manière plus large sur notre modèle sociétal. Les activités qui connaitront le plus de bouleversements sont indéniablement l’urbanisme et l’industrie automobile, avec toutes les industries qui gravitent autour (énergie et assurance par exemple).

Ce changement sera progressif et audacieux mais annonce une transformation majeure dans la manière dont nous appréhendons nos déplacements au sein de nos villes. Et tout cela commence dès aujourd’hui avec des solutions d’autopartage telle qu’e-Colibri proposant une nouvelle mobilité aux salariés, partagée et plus écologique afin de vivre la ville de demain de la meilleure manière possible.

Photographies d’illustration : Ideo

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29
Mar

Autonomisation et autopartage : un pari gagnant ?

Tandis que l’autopartage se développe de plus en plus et pourrait devenir notre moyen de mobilité privilégié, une autre croissance est à prendre en compte : celle des recherches concernant la conduite autonome.

Selon un rapport récent d’ABI Research plus de 400 millions de personnes pourraient ainsi être usagers de voitures robotisées en 2030. La vice Présidente du cabinet d’analyses, Dominique Bonte, évoque ainsi trois phases de développement dans ce nouveau écosystème de la mobilité partagée :

  • un accès aux services de location direct
  • un accès aux services d’autopartage
  • un accès à des services automatisés

Ainsi la conduite entièrement robotisée et partagée serait l’aboutissement d’un processus déjà entamé dans la nouvelle course à l’innovation automobile et aux mobilités alternatives, étant à la fois disponible, pratique et économique. Oubliées en effet les dépenses liés à la propriété et à l’entretien d’un véhicule.

google podSource : Google’s Pod

La connectivité et les données qui en résultent permettra également une meilleure régulation de la circulation et une politique tarifaire évolutive, selon la demande et l’offre. Cette politique est d’ores et déjà utilisée par Uber, qui adapte ses tarifs selon les pics d’affluence.

Tous ces éléments vont forcément avoir des impacts majeurs sur l’écosystème de la mobilité : baisse des propriétés de véhicules privés, brouillage des frontières entre transports privés et publics, renforcement d’une mobilité essentiellement sociale et apport d’un nouveau regain à l’industrie automobile.

De nouvelles réglementations propices à son développement

Un immense pas vers le développement de la voiture autonome a été réalisé ce mois-ci : le mercredi 23 mars la commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) a en effet annoncé une révision de la Convention de Vienne, texte historique qui régule depuis 1968 la circulation routière. Il est maintenant ajouté que « les systèmes de conduite automatisée seront explicitement autorisés sur les routes, à conditions qu’ils soient conformes aux règlements des Nations Unies sur les véhicules ou qu’ils puissent être contrôlés voire désactivés par le conducteur. »

Tandis que la réglementation évolue concernant les véhicules autonomes et leur conditions de circulation sur nos routes, ce sont également les pouvoirs publics qui se penchent sur la question, à travers les collectivités et leurs agences de transport. Ainsi les technologies autonomes ne toucherait pas seulement la sphère privée, mais seraientt introduites dans la sphère publique afin de transformer notre manière de nous déplacer collectivement. On peut citer l’exemple des WEpods aux Pays-Bas, innovant par le fait qu’ils ne circulent pas sur des voies dédiées mais bel et bien au milieu du trafic urbain.

wepods

Source : WEpods

Ces capsules de transport accueilleront leurs premiers passagers au mois de Mai en direction de l’Université de la province de Gelderland. Une simple réservation depuis une application mobile, et les voilà partis pour un voyage à 25 kilomètres/heure.
Conçu comme un projet open-source, il sera réutilisable et adaptable librement par d’autres entreprises et collectivités selon leurs besoins, et est le véritable résultat d’un partenariat audacieux entre institutions publiques et acteurs privés.

Laura Didelot

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13
Fév

Les véhicules autonomes pourraient diviser par 2 le taux de possession de voitures personnelles

C’est ce que semble indiquer l’étude révélée par l’UMTRI (L’institut de recherche sur les transports de l’université du Michigan). En effet, la logique de dépossession d’un véhicule serait grandement accélérée par le déploiement de véhicules autonomes couvrant les besoins de mobilités de plusieurs foyers. Le taux de possession de véhicules personnels se verrait, selon les conclusions de l’étude, chuter en moyenne de 43%.

étude voiture autonomeBrandon Schoettle et Michael Sivak, directeurs de recherche évoquent à ce titre « Un véhicule autonome pourrait augmenter considérablement son taux d’utilisation et remplacer de nombreux véhicules personnels s’il est utilisé comme un service de mobilité en commun ». Les chercheurs évoquent ainsi que le taux de possession de voitures personnelles aux Etats-Unis pourrait alors diminuer de 2,1 à 1,2 avec de tels services. Leurs conclusions se sont basées entre autre sur le rapport du NHT disponible ici afin de fonder leurs postulats. Ils estiment cependant que les résultats affichés sont à relativiser car les individus pourraient être amenés à réaliser plus de trajets via les voitures autonomes, être réticents face au fait de partager une voiture ou encore être méfiants vis-à-vis de la sécurité d’un véhicule autonome. Il est important de rappeler l’étude de Cisco qui démontrait d’ailleurs que 57% des conducteurs estiment avoir confiance en cette technologie, surtout dans les pays émergents.

voitures autonomes

De nombreuses études démontrent qu’en moyenne, une voiture est inutilisée 95% du temps et coûte plus de 5000 € par an à son propriétaire. Ce constat est aussi accablant pour les entreprises qui voient leurs véhicules de fonctions inutilisés 85% de leurs temps. Situation qui explique en grande partie l’explosion du marché de l’autopartage B2B et l’engouement du multi-modal pour les collectivités. Nous avions évoqué l’année dernière la réelle avancée qu’apporterait un service d’autopartage de véhicules autonomes. Cependant, il semblerait que le véhicule entièrement autonome ne soit pas pour aujourd’hui, ni demain, selon le rapport d’IBM consacré à ce sujet !

 

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