29
Mar

Autonomisation et autopartage : un pari gagnant ?

Tandis que l’autopartage se développe de plus en plus et pourrait devenir notre moyen de mobilité privilégié, une autre croissance est à prendre en compte : celle des recherches concernant la conduite autonome.

Selon un rapport récent d’ABI Research plus de 400 millions de personnes pourraient ainsi être usagers de voitures robotisées en 2030. La vice Présidente du cabinet d’analyses, Dominique Bonte, évoque ainsi trois phases de développement dans ce nouveau écosystème de la mobilité partagée :

  • un accès aux services de location direct
  • un accès aux services d’autopartage
  • un accès à des services automatisés

Ainsi la conduite entièrement robotisée et partagée serait l’aboutissement d’un processus déjà entamé dans la nouvelle course à l’innovation automobile et aux mobilités alternatives, étant à la fois disponible, pratique et économique. Oubliées en effet les dépenses liés à la propriété et à l’entretien d’un véhicule.

google podSource : Google’s Pod

La connectivité et les données qui en résultent permettra également une meilleure régulation de la circulation et une politique tarifaire évolutive, selon la demande et l’offre. Cette politique est d’ores et déjà utilisée par Uber, qui adapte ses tarifs selon les pics d’affluence.

Tous ces éléments vont forcément avoir des impacts majeurs sur l’écosystème de la mobilité : baisse des propriétés de véhicules privés, brouillage des frontières entre transports privés et publics, renforcement d’une mobilité essentiellement sociale et apport d’un nouveau regain à l’industrie automobile.

De nouvelles réglementations propices à son développement

Un immense pas vers le développement de la voiture autonome a été réalisé ce mois-ci : le mercredi 23 mars la commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) a en effet annoncé une révision de la Convention de Vienne, texte historique qui régule depuis 1968 la circulation routière. Il est maintenant ajouté que « les systèmes de conduite automatisée seront explicitement autorisés sur les routes, à conditions qu’ils soient conformes aux règlements des Nations Unies sur les véhicules ou qu’ils puissent être contrôlés voire désactivés par le conducteur. »

Tandis que la réglementation évolue concernant les véhicules autonomes et leur conditions de circulation sur nos routes, ce sont également les pouvoirs publics qui se penchent sur la question, à travers les collectivités et leurs agences de transport. Ainsi les technologies autonomes ne toucherait pas seulement la sphère privée, mais seraientt introduites dans la sphère publique afin de transformer notre manière de nous déplacer collectivement. On peut citer l’exemple des WEpods aux Pays-Bas, innovant par le fait qu’ils ne circulent pas sur des voies dédiées mais bel et bien au milieu du trafic urbain.

wepods

Source : WEpods

Ces capsules de transport accueilleront leurs premiers passagers au mois de Mai en direction de l’Université de la province de Gelderland. Une simple réservation depuis une application mobile, et les voilà partis pour un voyage à 25 kilomètres/heure.
Conçu comme un projet open-source, il sera réutilisable et adaptable librement par d’autres entreprises et collectivités selon leurs besoins, et est le véritable résultat d’un partenariat audacieux entre institutions publiques et acteurs privés.

Laura Didelot

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