Tag: transports autonomes

20
Avr

Smart City : pour une nouvelle mobilité en ville

Selon le dernier rapport de Navigant Research, Smart City Tracker 1Q17, examinant l’état du développement global des smart cities à travers le monde pas moins de 252 projets existent à l’heure actuelle, répartis sur 178 villes.


La Smart City : une utopie qui devient réalité


Ces différentes initiatives résultent de partenariats à la fois entre le gouvernement, les pouvoirs locaux ainsi que différents acteurs du domaine des technologies et des services afin d’augmenter l’activité économique d’une ville tout en améliorant la qualité de vie de ses habitants.

Selon Christina Chung, analyste chez Navigant Research « les villes vont aujourd’hui plus loin que la simple publication des données en open data du gouvernement afin d’exploiter une large gamme de sources de données et mettre en place des plateformes pour partager l’information et encourager l’analyse». Toutes ces quantités de données sont précieuses pour améliorer les services publics, dont les transports, mais doivent être utiliser de manière cohérente afin de délivrer tout leur potentiel. Ces enjeux de gestion sont fondamentaux pour fonder un projet de smart city à la fois fonctionnel et agréable à vivre.

Brave new urban world – vision of the city of the future; | © LAVA/Fraunhofer IAO

Le marché global des smart cities, à travers les solutions et services proposés, pèse aujourd’hui 40 milliards de dollars et devrait s’élever à 97,8 milliards d’ici 2026 ! En tant que réflexion autour de la ville du futur, la smart city met en place des initiatives en matière d’énergie, de construction ou encore de gestion urbaine. Mais l’un des grands chantiers, qui a déjà débuté, est celui des transports (18% des 252 projets observés dans le rapport) : comment nous déplacerons-nous dans cette ville qui remet l’humain au cœur de son projet de vie grâce à la technologie  ?


Des initiatives pour améliorer la mobilité urbaine


Des rapports actuels estiment que 70% à 75% de l’humanité vivra en ville en 2050 et que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) calcule que la pollution causerait plusieurs millions de décès chaque année. Les transports est l’une des causes principales de pollution atmosphérique dans nos villes, propulsée en parallèle par l’explosion du e-commerce et de toute sa logistique.

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Gare du pont de Bondy (Grand Paris Express) – Silvio Darscia

Dans les grandes villes, les choses s’organisent donc pour renforcer le maillage du transport public et participer à la décongestion des grands axes, principaux générateurs de pollution. Plusieurs solutions, répondant à différents enjeux, apparaissent progressivement et se concrétisent à travers des expérimentations.

Des navettes autonomes pour les petits trajets
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La navette autonome reliant la gare de Lyon à la gare d’Austerlitz – RATP

On pense par exemple à la mise en place de navettes autonomes à Paris entre les gares de Lyon et d’Austerlitz afin de répondre à des demandes de mobilité peu satisfaites aujourd’hui. Parmi elles, le déplacement sur les premiers et derniers kilomètres d’un trajet par exemple. Ce type de navettes a également été testé à Issy-les-Moulineaux dans le cadre du chantier Grand Paris Express, afin de répondre aux contraintes entrainées par les travaux sur la mobilité des habitants d’Île-de-France.

Laisser sa voiture au garage : un bon point !

Dans la même optique de facilitation de la circulation autour des chantiers du Grand Paris Express, la Société du Grand Paris (SGP), en partenariat avec l’entreprise d’ingénierie Egis, a décidé d’importer le concept de «  péage positif  » depuis les Pays-Bas. Celui-ci récompense tout conducteur n’empruntant pas son véhicule durant les heures de pointe, grâce à un petit boitier apposé sur leur véhicule : les points collectés sont ensuite convertis en versement en euros.

Le système de « péage positif » avec la solution proposée par Egis

L’expérimentation sera portée durant deux mois sur un échantillon de 100 à 150 automobilistes. Notamment testée à Rotterdam en 2010, elle avait eu des résultats très positifs, avec 85% des automobilistes ayant conservés leurs nouvelles habitudes de mobilité même sans étant rémunérés par la suite.

Encourager de nouvelles habitudes

Ce qui ressort de tous ces exemples c’est également la volonté de changer progressivement les mentalités et habitudes de déplacement, face à des enjeux d’ordre économique et climatique. Pour réduire la dépendance de la population à l’automobile individuelle, tous s’y mettent. Depuis quelques années ce sont également les promoteurs immobiliers qui encouragent de nouveaux usages de la voiture, en remettant en cause le principe même du parking en ville. Quant aux collectivités, elles s’intéressent de plus en plus à la mobilité partagée, et notamment à la mise en place d’un système d’autopartage.

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29
Mar

Autonomisation et autopartage : un pari gagnant ?

Tandis que l’autopartage se développe de plus en plus et pourrait devenir notre moyen de mobilité privilégié, une autre croissance est à prendre en compte : celle des recherches concernant la conduite autonome.

Selon un rapport récent d’ABI Research plus de 400 millions de personnes pourraient ainsi être usagers de voitures robotisées en 2030. La vice Présidente du cabinet d’analyses, Dominique Bonte, évoque ainsi trois phases de développement dans ce nouveau écosystème de la mobilité partagée :

  • un accès aux services de location direct
  • un accès aux services d’autopartage
  • un accès à des services automatisés

Ainsi la conduite entièrement robotisée et partagée serait l’aboutissement d’un processus déjà entamé dans la nouvelle course à l’innovation automobile et aux mobilités alternatives, étant à la fois disponible, pratique et économique. Oubliées en effet les dépenses liés à la propriété et à l’entretien d’un véhicule.

google podSource : Google’s Pod

La connectivité et les données qui en résultent permettra également une meilleure régulation de la circulation et une politique tarifaire évolutive, selon la demande et l’offre. Cette politique est d’ores et déjà utilisée par Uber, qui adapte ses tarifs selon les pics d’affluence.

Tous ces éléments vont forcément avoir des impacts majeurs sur l’écosystème de la mobilité : baisse des propriétés de véhicules privés, brouillage des frontières entre transports privés et publics, renforcement d’une mobilité essentiellement sociale et apport d’un nouveau regain à l’industrie automobile.

De nouvelles réglementations propices à son développement

Un immense pas vers le développement de la voiture autonome a été réalisé ce mois-ci : le mercredi 23 mars la commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) a en effet annoncé une révision de la Convention de Vienne, texte historique qui régule depuis 1968 la circulation routière. Il est maintenant ajouté que « les systèmes de conduite automatisée seront explicitement autorisés sur les routes, à conditions qu’ils soient conformes aux règlements des Nations Unies sur les véhicules ou qu’ils puissent être contrôlés voire désactivés par le conducteur. »

Tandis que la réglementation évolue concernant les véhicules autonomes et leur conditions de circulation sur nos routes, ce sont également les pouvoirs publics qui se penchent sur la question, à travers les collectivités et leurs agences de transport. Ainsi les technologies autonomes ne toucherait pas seulement la sphère privée, mais seraientt introduites dans la sphère publique afin de transformer notre manière de nous déplacer collectivement. On peut citer l’exemple des WEpods aux Pays-Bas, innovant par le fait qu’ils ne circulent pas sur des voies dédiées mais bel et bien au milieu du trafic urbain.

wepods

Source : WEpods

Ces capsules de transport accueilleront leurs premiers passagers au mois de Mai en direction de l’Université de la province de Gelderland. Une simple réservation depuis une application mobile, et les voilà partis pour un voyage à 25 kilomètres/heure.
Conçu comme un projet open-source, il sera réutilisable et adaptable librement par d’autres entreprises et collectivités selon leurs besoins, et est le véritable résultat d’un partenariat audacieux entre institutions publiques et acteurs privés.

Laura Didelot

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