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27
Avr

La Smart-Grid : une opportunité de taille pour l’autopartage électrique

La transition énergétique est un enjeu majeur de cette décennie, aussi bien pour les entreprises que les collectivités. Alors que le concept de Smart Cities ou « villes intelligentes » est de plus en plus intégré dans notre manière de concevoir l’urbanité, c’est maintenant aux réseaux électriques intelligents de se faire une place de choix. Bienvenue aux Smart-Grids.

Smart-Grid ?

À l’heure du tout connecté et de l’accélération de la consommation électrique par les professionnels et particuliers, une modernisation du système mis en place est nécessaire. Plutôt que de renforcer ou remplacer l’existant, on réfléchit aujourd’hui aux déploiement des nouvelles technologies de l’information et de la communication au service des réseaux d’énergie. Ce nouveau modèle a pour dénomination Smart Grid, ou « réseau intelligent ».

L’enjeu majeur est de rendre les réseaux plus communicants afin de mieux s’adapter à la consommation réelle des usagers et de leur garantir une livraison d’électricité efficace, sécurisée mais également économique. Les énergies renouvelables sont également massivement intégrées à ce modèle, avec un stockage et un accès optimisé.

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Source : ENISA

De la Smart-Grid au Smart Campus

Ce modèle d’usage intelligent et de maîtrise de la consommation électrique se retrouve déjà à plus petite échelle dans les projets de Smart Campus, ou campus intelligents, durables. Cela englobe la mise en place d’installations de production d’électricité issue de sources renouvelables, mais aussi des installations de stockage, d’un réseau de distribution interne et enfin d’une flotte de véhicules électriques en autopartage.

Les campus universitaires bénéficient grandement de la présence de laboratoires et de programmes de recherches pour ce type d’initiative. C’est le cas à Rennes avec le programme européen d’accélération de l’innovation EIT Digital, créé en 2010, et qui a pour mission de faire de l’Europe le leader de l’innovation dans les Technologies de l’Information et de la Communication. Celui-ci sert ainsi de médiateur entre l’éducation, la recherche et les entreprises, avec un écosystème composé de 140 partenaires.

Une ambition qui pourrait se concrétiser pour le Grand Ouest, avec la mise en place du projet SMILE.

smile-smart-ideas-link-energiesLe projet SMILE

Suite à un appel à projets national afin de développer les réseaux électriques intelligents sur le territoire de l’Ouest de la France c’est le projet SMILE (Smart Ideas to Link Energies) qui a été choisi le 15 mars dernier.

Lancé officiellement le 22 Avril dernier à Lorient par les présidents de la région Bretagne et la région Pays-de-la-Loire, Jean-Yves Le Drian et Bruno Retaillau, il verra sa concrétisation en 2017 par le déploiement de 17 projets soutenus à la fois par des entreprises innovantes mais aussi par les collectivités. Pour Jean-Yves Le Drian ce projet « est un moyen d’accélérer la transition énergétique de nos régions en produisant et en consommant intelligemment ».

Près de 160 entreprises, de la start-up aux grands groupes, ont ainsi répondu à cet appel afin de proposer des outils au service de la transformation électrique des deux régions et d’une consommation électrique intelligente et citoyenne pour leurs habitants.

Pour les collectivités associées à ces projets, les enjeux majeurs sont de garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique, permettre aux citoyens une meilleure compréhension et appropriation des enjeux énergétiques ainsi que de les sensibiliser quant à l’utilisation des données numériques produites par les smart-grids. Ce dernier point reste en effet une préoccupation majeure autour de ce projet.

La smart-grid : vers une accélération de l’autopartage électrique ?

Un projet d’envergure donc, avec un budget de 300 millions d’euros entre 2017 et 2020. Celui-ci sera à l’origine de près de 10 000 emplois directs ou induits, de 1000 bâtiments à énergie positive, de 2000 points lumineux intelligents mais surtout d’une dynamique industrielle à l’international pour le grand Ouest.

La Smart-Grid, de par sa gestion du réseau électrique passant par une connexion internet, permet de traiter rapidement et efficacement les données récoltées via des algorithmes. Tout ceci ayant pour objectif de gérer plus intelligemment la répartition spatiale et temporelle des énergies électriques. Et cela compte bien évidemment aussi pour les rechargements des véhicules électriques. Ainsi en plus des données annoncées plus haut, le projet permettra la création de 1000 bornes de recharges publiques pour voitures électriques.

Station Autolib' - Source : Colas France

Station Autolib’ – Source : Colas France

En effet, le problème d’un déploiement trop nombreux aujourd’hui serait le manque de bornes afin de recharger des batteries à l’autonomie encore réduite, et qui aurait pour conséquence une saturation bien trop rapide du réseau. De quoi frôler les blackouts à répétition avec notre système électrique actuel. Alors que les mesures politiques s’enchaînent afin d’inciter les usagers à adopter les véhicules électriques, il est maintenant temps de réfléchir à la logistique à mettre en place afin de remplacer progressivement les stations-services, un modèle établi depuis plus d’un siècle. Car c’est avant tout aussi une avancée vers des énergies renouvelables, comme le soleil et le vent.

Miser sur un système électrique connecté c’est pouvoir donc permettre un accès optimisé aux prises, à la fois plus nombreuses et connectées, et donc accélérer l’adoption des véhicules électriques, notamment en autopartage. Cette vision misant sur le développement de la mobilité électrique est l’un des projets retenus par le programme « Smile », à la fois écologique et économique, et qui pourrait s’effectuer en parallèle d’une sensibilisation accrue à l’éco-conduite.

Et l’autopartage s’en portera d’autant mieux, en offrant à ses clients des stations de rechargement plus nombreuses et rapides, mais également un meilleur suivi de la flotte grâce au système électrique connecté. De quoi collecter les données d’usages afin d’ouvrir une expérience client toujours plus adaptée selon l’affluence.

Ainsi aussi bien pour les clients que pour les gestionnaires la Smart-Grid s’annonce comme un projet bénéfique et nécessaire afin d’entrer de plus belle dans l’ère de la mobilité électrique citoyenne.

– Laura Didelot

 

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16
Déc

Penser l’autopartage de voitures électriques de manière globale

Durant les prochaines décennies, le concept de possession d’une voiture est amené à évoluer drastiquement. En effet, avec l’émergence de la voiture autonome et la démocratisation du covoiturage et de l’autopartage, la population urbaine tend à utiliser de plus en plus de services alternatifs à la voiture personnelle. L’autopartage en fait partie en apportant en plus, une décongestion efficace des centres-villes couplé à une meilleure qualité de l’air.

Au cours des dernières années, de nombreux services de carsharing ont intégré des véhicules électriques dans leurs flottes automobiles, mais le manque d’infrastructure de support a souvent empêché une adoption massive de l’électrique dans l’industrie des véhicules en libre-service. Cependant, un nouveau projet de l’Institut Allemand Fraunhofer aborde les problématiques du marché : le manque de stations de recharge (question clé pour l’acceptation en masse des véhicules électriques selon cette étude), l’absence de moyens fiables afin d’analyser le suivi des véhicules et de les interconnectés avec l’infrastructure globale. Ainsi, l’institut Fraunhofer a mis au point le programme GeMo (l’utilisation partagée de la mobilité 2.0 : véhicules, datas et infrastructure). Les chercheurs de l’institut ont créé un concept-car où toutes ces technologies sont intégrées dans un système global permettant à la voiture de communiquer avec l’infrastructure et les autres véhicules, de partager les données et de recharger leurs batteries sans fil.

smartgrid

« Afin d’appréhender la mobilité partagée d’un point de vue global (smartcity & smartgrid), nous devons lier les véhicules, les données et l’infrastructure. C’était l’essence même de notre projet de recherche » explique Florian Rothfuss, chef de projet de l’institut. D’ici 2020, cet engouement pour le véhicule électrique va entraîner une consommation de 4 à 5 TWh d’énergie électrique pour 2 millions de véhicules électriques, soit presque toute la production d’un réacteur nucléaire ! Il est donc essentiel d’anticiper la problématique de la recharge, bien en amont du développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables. Les collectivités territoriales ont donc un rôle important à jouer pour accompagner le développement d’une nouvelle mobilité décarbonée qui découlera du déploiement d’un système d’autopartage de véhicules électriques et qui pourra conduire à la constitution de « villes durables », pensées pour lutter contre le réchauffement climatique.

Alexandre Fournier

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29
Jan

Focus sur IssyGrid : un exemple de la ville du futur

La ville de demain sera incontestablement durable. Issy-les-Moulineaux démontre son penchant pour l’innovation en étant démontrasteur des évolutions à venir.  André Santini, maire de la ville, est réjouit de cette initiative regroupant de grands acteurs Français. En effet, Alstom, Bouygues Immobilier, Bouygues Télécom énergies et services, EDF, ERDF, Microsoft, Schneider Electric, Steria et Total et nous même, se sont donc alliés dans le but de penser smartcity, au carrefour de l’énergie, du numérique et de la ville. Pour Guillaume Parisot, directeur innovation chez Bouygues immobilier, le laboratoire IssyGrid s’inscrit sur des sujets récurents tels que la précarité et la transition énergétique. « le numérique à travers Internet, les tablettes, les smartphones a envahi notre quotidien tandis que les modes de vie évoluent. C’est donc à l’échelle d’une ville, à travers l’éco-quartier le Fort d’Issy mais pas seulement que se bâtit ce nouvel univers urbain » explique-t-il.

L’IssyGrid permet le pilotage des énergies sur une superficie de 160 000m2, concernant 1 600 logements et couvrant les besoins de 10 000 collaborateurs. Par conséquent, une centaine de logements situés rue Roger Salengro et avenue Victor Cresson ont été équipés cet été de compteurs communicants. Permettant de recueillir les données de consommation globale de l’énergie en temps réel, ces compteurs sont donc un levier primordial dans l’optimisation de la gestion du réseau. Chaque foyer reçoit donc une facture individuelle de ses consommations réelles, ce qui à termes, permettra de réaliser à distance les interventions chez le client. Plus encore, la mise en place de lampadaires connectés graduant l’éclairage en fonction de la circulation, de l’heure ou des saisons génère pour la ville d’Issy-les-Moulineaux des économies significatives, sachant que ce poste selon l’ADEME représente 40% de la facture d’électricité d’une collectivité ! Enfin, les dispositifs de recharge de véhicules électriques font aussi parti du champ de contrôle du réseau. En effet, les conducteurs de véhicules électriques pourront se voir proposer les meilleurs tarifs horaires pour recharger leurs voitures via SMS.

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Des immeubles de bureau « smart grid ready »

Après l’immeuble test Galeo, siège de Bouygues Immobilier, la Tour Sequana occupée par Bouygues Telecom, vient à son tour d’être équipée par Schneider Electric d’un système d’aide au pilotage du bâtiment et peut ainsi contribuer au lissage des crêtes de consommation. Ainsi, le 29 juillet dernier, la climatisation, en pleine vague de chaleur, a produit du froid stocké au cours de la nuit précédente. Totalement imperceptible par les employés, cette innovation a permis d’économiser environ 500 kWh, soit l’équivalent de la consommation de centaines de logements. Enfin, un système de visite du quartier en réalité augmenté permet, aux collectivités, aux entreprises, aux institutionnels et aux experts, d’accéder sur le terrain aux données relatives aux principaux pôles opérationnels d’IssyGrid®. Une application sur tablette a été réalisée afin de permettre aux visiteurs de visionner en réalité augmentée les premières réalisations d’IssyGrid.

 

Alexandre Fournier

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