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17
Nov

Changement climatique : les entreprises s’engagent durablement

Dans sa seconde analyse annuelle, l’ONG CDP (Carbon Disclosure Project) présente les résultats de son enquête auprès de 1073 entreprises à travers le monde. Leur ambition ? Démontrer la volonté du monde professionnel de s’engager en faveur d’une économie plus durable et limitant les émissions de gaz à effet de serre. Petit tour d’horizon des évolutions constatées depuis l’édition 2016 et des leviers de transformation.


Ce panel d’entreprises, produisant à elles seules près de 12% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, ont ainsi été interrogées sur leurs réponses face au changement climatique et sur les solutions mises en place afin de limiter leur empreinte carbone. 89% des entreprises interrogées par CDP en 2017 ont pour but la réduction des émissions de gaz contre 73% en 2011. De plus, les entreprises visent à 74% une réduction de plus de 80% de leurs émissions.

CDP : entreprises et engagement durable

De plus en plus d’entreprises veulent s’assurer de leur croissance et d’un futur plus respectueux en se basant sur un modèle scientifique de réduction d’émissions. 14% des entreprises analysées (151 au total) se sont ainsi engagées ou ont des objectifs en accord avec l’initiative Science Based Targets contre 9% l’année précédente. Et c’est pas moins de 317 entreprises qui s’engagent à mettre en place des actions allant dans ce sens dans les deux prochaines années. Cette initiative s’aligne sur l’effort global afin de limiter l’augmentation des températures en dessous de 2°c en aidant les entreprises à éviter les investissements dans des infrastructures polluantes tout en pointant vers des alternatives plus respectueuses.

Une autre donnée intéressante à observer est la capacité des entreprises à se projeter plus loin dans le futur et à anticiper l’évolution de leurs moyens et de leurs besoins. Dans l’analyse de cette année, 68% des entreprises ont établi des objectifs jusqu’à au moins 2020, et 20% voient même jusqu’en 2030 en terme d’actions durables. En 2016, 14% des entreprises se projetaient en 2030 et au delà. En 2011, une vaste majorité se contentait de visualiser leurs objectifs jusqu’à 2020.

Il y a donc une véritable prise de conscience des entreprises, qui ne se limitent plus à ce qu’ils connaissent et maîtrisent mais n’hésitent pas à s’engager pour faire leur part. Les professionnels innovent donc sans cesse pour créer des outils et services participant à la réduction de l’empreinte carbone. La production (36%) et consommation (23%) d’énergies renouvelables occupent notamment une place considérable dans les objectifs des entreprises.

La mobilité d’entreprise est bien entendu un axe majeur de réflexion pour atteindre les dits objectifs. On peut citer la progression nette de l’autopartage en entreprise, qui séduit de plus en plus en tant qu’alternative à la mobilité d’entreprise individuelle. La mise en place de plans de déplacement participe aussi à cet effort global de mutation de la mobilité professionnelle.

Le développement durable n’est plus de l’ordre conceptuel, mais s’inscrit réellement dans une transition créant une valeur indéniable à long terme. 97% des entreprises interrogées par CDP intègrent ainsi le changement climatique dans leur stratégie globale de développement et multiplient également les partenariats avec des collectivités. Un modèle économique performant, oui, mais surtout au service des Hommes et de la planète.

 

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30
Oct

Le free floating va t-il rebattre les cartes de la mobilité urbaine ?

Après avoir conquis le marché chinois, les services de partage de vélos sans stations débarquent en France et viennent directement concurrencer les systèmes de Vélos en Libre-Service (VLS) déjà mis en place dans la plupart des grandes villes françaises. Comment expliquer le succès de cette nouvelle manière d’aborder la mobilité partagée ? Le free floating, de manière générale, représente t-il vraiment un modèle plus pratique et rentable ?


Plus besoin de bornes pour aller faire un tour en petite reine : il suffit désormais d’un smartphone ainsi que d’une application mobile qui géolocalisent les vélos disponibles et permet de verrouiller et déverrouiller l’anti-vol du deux roues en scannant un QR Code. Autre avantage notable : l’utilisateur n’a plus besoin d’un abonnement mais peut payer à la course ! Le tout permettant une expérience client plus fluide et moins de contraintes. Les premiers acteurs à tenter l’aventure dans la capitale française sont Gobee.bike, entreprise venue d’Hong Kong et fondée par un français, oBike ou encore le leader mondial chinois Ofo, qui compte à travers le monde pas moins de 10 millions de bicyclettes.

Ce modèle était déjà présent bien entendu sur d’autres types de véhicules, les voitures en premier lieu avec l’autopartage en free floating qui connait un succès grandissant. Le pionnier en France est sans doute Cityscoot, qui propose un service de location de scooters sans borne, affiche aujourd’hui 55 000 membres et un million de trajets à Paris en seulement un an d’existence.

Free Floating


En route vers une réglementation urbaine pour le free floating ?


Mais ce système sans stations pose de réels questionnements au niveau de l’aménagement urbain, les municipalités craignant que les véhicules soient déposés n’importe où et encombrent la chaussée déjà saturée. La crainte du vandalisme accrue ressurgit également, avec des exemples notables en Chine où les acteurs du vélopartage sans stations sont plus que nombreux. Néanmoins, les entreprises citent régulièrement la possibilité de géolocaliser le vélo en temps réel grâce aux puces GPS intégrées comme un moyen de lutter face à ce fléau.

Autre point pouvant s’avérer bloquant : le modèle économique. Un service avec stations est beaucoup plus facile à gérer et coûte moins cher en logistique, les véhicules n’ayant pas à être rapatriés si laissés à un endroit non adapté. Par ailleurs, l’engin doit être loué entre 5 et 6 fois par jour pour être rentable.

Free Floating vélos

Les nouveaux Velib’

Cette concurrence acharnée entre différents acteurs privés, face à des services publics comme le Velib’ à Paris qui mise sur sa modernisation ainsi que sur le soutien des pouvoirs publics pour perdurer, risque d’engendrer de nouveaux questionnements pour la municipalité.

Est-ce que de nouvelles réglementations seront nécessaires ? Les prochaines années vont être déterminantes pour la maturation de ce modèle qui semble pourtant déjà promis à un beau succès sur le marché européen.

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20
Avr

Smart City : pour une nouvelle mobilité en ville

Selon le dernier rapport de Navigant Research, Smart City Tracker 1Q17, examinant l’état du développement global des smart cities à travers le monde pas moins de 252 projets existent à l’heure actuelle, répartis sur 178 villes.


La Smart City : une utopie qui devient réalité


Ces différentes initiatives résultent de partenariats à la fois entre le gouvernement, les pouvoirs locaux ainsi que différents acteurs du domaine des technologies et des services afin d’augmenter l’activité économique d’une ville tout en améliorant la qualité de vie de ses habitants.

Selon Christina Chung, analyste chez Navigant Research « les villes vont aujourd’hui plus loin que la simple publication des données en open data du gouvernement afin d’exploiter une large gamme de sources de données et mettre en place des plateformes pour partager l’information et encourager l’analyse». Toutes ces quantités de données sont précieuses pour améliorer les services publics, dont les transports, mais doivent être utiliser de manière cohérente afin de délivrer tout leur potentiel. Ces enjeux de gestion sont fondamentaux pour fonder un projet de smart city à la fois fonctionnel et agréable à vivre.

Brave new urban world – vision of the city of the future; | © LAVA/Fraunhofer IAO

Le marché global des smart cities, à travers les solutions et services proposés, pèse aujourd’hui 40 milliards de dollars et devrait s’élever à 97,8 milliards d’ici 2026 ! En tant que réflexion autour de la ville du futur, la smart city met en place des initiatives en matière d’énergie, de construction ou encore de gestion urbaine. Mais l’un des grands chantiers, qui a déjà débuté, est celui des transports (18% des 252 projets observés dans le rapport) : comment nous déplacerons-nous dans cette ville qui remet l’humain au cœur de son projet de vie grâce à la technologie  ?


Des initiatives pour améliorer la mobilité urbaine


Des rapports actuels estiment que 70% à 75% de l’humanité vivra en ville en 2050 et que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) calcule que la pollution causerait plusieurs millions de décès chaque année. Les transports est l’une des causes principales de pollution atmosphérique dans nos villes, propulsée en parallèle par l’explosion du e-commerce et de toute sa logistique.

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Gare du pont de Bondy (Grand Paris Express) – Silvio Darscia

Dans les grandes villes, les choses s’organisent donc pour renforcer le maillage du transport public et participer à la décongestion des grands axes, principaux générateurs de pollution. Plusieurs solutions, répondant à différents enjeux, apparaissent progressivement et se concrétisent à travers des expérimentations.

Des navettes autonomes pour les petits trajets
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La navette autonome reliant la gare de Lyon à la gare d’Austerlitz – RATP

On pense par exemple à la mise en place de navettes autonomes à Paris entre les gares de Lyon et d’Austerlitz afin de répondre à des demandes de mobilité peu satisfaites aujourd’hui. Parmi elles, le déplacement sur les premiers et derniers kilomètres d’un trajet par exemple. Ce type de navettes a également été testé à Issy-les-Moulineaux dans le cadre du chantier Grand Paris Express, afin de répondre aux contraintes entrainées par les travaux sur la mobilité des habitants d’Île-de-France.

Laisser sa voiture au garage : un bon point !

Dans la même optique de facilitation de la circulation autour des chantiers du Grand Paris Express, la Société du Grand Paris (SGP), en partenariat avec l’entreprise d’ingénierie Egis, a décidé d’importer le concept de «  péage positif  » depuis les Pays-Bas. Celui-ci récompense tout conducteur n’empruntant pas son véhicule durant les heures de pointe, grâce à un petit boitier apposé sur leur véhicule : les points collectés sont ensuite convertis en versement en euros.

Le système de « péage positif » avec la solution proposée par Egis

L’expérimentation sera portée durant deux mois sur un échantillon de 100 à 150 automobilistes. Notamment testée à Rotterdam en 2010, elle avait eu des résultats très positifs, avec 85% des automobilistes ayant conservés leurs nouvelles habitudes de mobilité même sans étant rémunérés par la suite.

Encourager de nouvelles habitudes

Ce qui ressort de tous ces exemples c’est également la volonté de changer progressivement les mentalités et habitudes de déplacement, face à des enjeux d’ordre économique et climatique. Pour réduire la dépendance de la population à l’automobile individuelle, tous s’y mettent. Depuis quelques années ce sont également les promoteurs immobiliers qui encouragent de nouveaux usages de la voiture, en remettant en cause le principe même du parking en ville. Quant aux collectivités, elles s’intéressent de plus en plus à la mobilité partagée, et notamment à la mise en place d’un système d’autopartage.

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