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22
Mar

Autopartage et mobilité connectée : De nouvelles opportunités pour le transport public

« La manière dont les habitants se déplacent en ville est en train de se transformer, et le transport public est au cœur de ce changement officiel ». C’est ainsi que Michael Melaniphy, président de l’APTA (American Public Transportation Association) présente l’étude publiée ce mois-ci qui propose d’explorer les possibilités de partenariats dans le secteur de la mobilité entre institutions publiques et acteurs privés.

En se basant sur des recherches dans 7 villes des états-Unis – Austin, Chicago, Boston, Los Angeles, San Franciso, Seattle et Washington D.C – cette étude cherche à examiner et mieux comprendre la relation actuelle entre les agences de transport public et les services de mobilité partagée (vélopartage, autopartage, services de transport privé…). Cette période de changement dans l’écosystème de la mobilité est un terrain fertile de nouvelles opportunités, aussi bien pour les collectivités que pour les acteurs privés du secteur du transport.

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Grâce à diverses sources, telles que des entretiens avec des professionnels du transport, une étude des usagers de services de mobilité partagée, mais également une analyse du trafic en terme de capacité et de demande, l’APTA a pu dégagé quelques données à retenir :

1 – Plus des personnes utilisent des services de mobilité partagée plus elles sont susceptibles d’utiliser les transports en commun, de posséder moins de véhicules personnels et de dépenser moins pour se déplacer.

Sur une étude de 4500 usagers, 10% sont qualifiés de « supersharers », c’est à dire des personnes qui utilisent des moyens de mobilité partagée (vélopartage, autopartage, covoiturage) afin de se déplacer bien pour leur travail, leur loisirs ou leurs courses. Ils sont également beaucoup plus actifs physiquement, en laissant une plus grande place à la marche pour leurs déplacements.

2 – Les services partagés sont complémentaires du transport public, améliorant ainsi la mobilité urbaine globale en étant des substituts lorsque les structures publiques fonctionnent moins régulièrement (10 heures du soir jusqu’à 4 heures du matin).

En effet, les usages sont différents pour ces deux possibilités de déplacement. C’est ainsi que les institutions publiques et les collectivités ne se sentent pas menacées par cette croissance de la mobilité partagée, mais au contraire entrevoient de nouvelles opportunités de partenariats afin d’offrir une offre complète et des services complémentaires aux habitants.

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3 – Ces moyens partagés vont voir leur importance croître, et les entités publiques doivent dès maintenant identifier les opportunités qui leur sont présenté et de collaborer au mieux afin de garantir un partage équilibré des bénéfices.

Une collaboration permettrait plus d’options de mobilité, des correspondances facilitées, un système de paiement intégré et un accès à l’information centralisé. Des représentants du secteur public évoque dès à présent :

  • Des partenariats concernant le vélopartage, l’autopartage et bientôt des services de transport privé (ridesourcing).
  • Une reconnaissance des prestataires de transport privé en tant que partie prenante du nouveau tissus urbain et opportunité de développement pour le transit public en agissant comme une extension, en début ou fin de trajet.
  • Un partage des données publiques aux entreprises privées afin de développer des technologies ainsi que des interfaces clients plus performantes et accessibles.

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4 – Le secteur public et les opérateurs privés sont enclins à collaborer afin d’améliorer le transport adapté en utilisant des approches et des technologies émergentes.

Aussi bien les agences de transport public que les entreprises privées veulent trouver des solutions adaptées aux personnes souffrant d’handicaps, celles existantes étant trop coûteuses et lourdes à maintenir. Les nouveaux modes de mobilité partagée ont mis en place des outils pouvant être bénéfiques à ces transports paramédicaux.

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De toutes ces constatations l’APTA conclue son étude sur des recommandations, destinées aussi bien aux agences de transports publics et aux entreprises, afin de construire ensemble la mobilité urbaine de demain.

Et celles-ci ne s’appliquent bien entendue pas seulement aux déplacements des particuliers. Les changements liés à l’urbanisation et la connectivité croissante investissent aussi maintenant le marché B2B. Après tout les déplacements professionnels, effectués de manière quotidienne par des millions d’usagers, sont au cœur des nouvelles problématiques de mobilité au sein de la ville et de sa périphérie. Ainsi beaucoup de cadres d’entreprises réfléchissent à la pertinence de la propriété de véhicules de fonction et s’intéressent de plus en plus à l’acquisition d’un crédit mobilité multimodal, tel un abonnement garantissant à ses employés l’accès aussi bien aux transports en commun mais également à des moyens de mobilité partagée en libre- service. Une offre de déplacements partagée donc entre agences publiques et privées, misant sur leur complémentarité au service de l’employé.

Dans ce cadre, Mobility Tech Green proposera cette année une expérimentation inter- entreprises regroupant plusieurs acteurs de la mobilité afin de présenter un service multimodal garantissant à la fois un accès à des VTC (voitures de tourisme avec chauffeur), un système de taxis mais aussi du vélo en libre service. Une manière d’envisager un autopartage enrichi et adapté à la ville de demain.

Laura Didelot

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