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18
Oct

Blockchain : un bouleversement pour l’écosystème de la mobilité ?

Une vraie révolution la blockchain ? Selon l’analyste Don Tapscott, auteur de l’ouvrage Blockchain Revolution, « cette technologie va avoir des conséquences extrêmement profondes sur l’économie mondiale, plus que l’intelligence artificielle, plus que l’énergie solaire, plus que la voiture autonome ». Rien que ça ! 


La blockchain : origines et définition


Mais qu’est-ce que c’est au juste la blockchain ? Beaucoup d’entre nous ont déjà entendu parler du Bitcoin, cette monnaie digitale, ou crypto-monnaie, qui a beaucoup fait parler d’elle depuis sa naissance en octobre 2008. C’est à cette date que Satoshi Nakamoto, un pseudonyme cachant encore aujourd’hui un individu ou un groupe inconnu, publie le livre blanc « Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System » annonçant un nouveau protocole de traitement des transactions financières : la blockchain. Cette première blockchain est lancée officiellement en janvier 2009.

Le Bitcoin en chiffres

Aujourd’hui plus de 16 millions de Bitcoin sont en circulation à travers le monde, avec près de 259 000 transactions par jour effectuées à l’aide de cette monnaie cryptographique.


Une reconfiguration de la chaîne de valeur


Le processus de traitement des données rompt avec les schémas habituels : la Blockchain ne dépend pas d’une autorité centralisée, d’un « tiers de confiance », mais d’un réseau informatique composé de plusieurs acteurs chargés de valider la transaction. Aujourd’hui, lorsque vous effectuez vos soldes par exemple sur un site anglais, vous chargez un tiers de confiance unique de jouer l’intermédiaire et de vérifier que tout est en ordre du côté du vendeur. Avec la blockchain, un réseau de participants, dits « mineurs » mettent à disposition la force de calcul de leur ordinateur afin de vérifier la légitimité de la transaction.

Les mineurs

Ces tiers de confiance d’un nouveau genre sont chargés de lancer le plus rapidement des calculs de vérification des données transmises. Mis en concurrence, notamment face à la difficulté des calculs à résoudre, ils sont rémunérés en fonction de leur participation à la résolution du problème avec un certain pourcentage des Bitcoins émis.

Chaque transaction est gardée en mémoire, et est placée dans un « bloc ». Si le bloc est validé par les mineurs, il peut alors être inclus dans le système global, composé de plusieurs blocs : c’est la blockchain, ou chaîne de blocs, qui regroupe tout l’historique des transactions effectuées sur le système. Cet historique permet notamment d’interdire la duplication ou la modification d’une transaction.

Petite clarification en vidéo : 


La blockchain au delà du Bitcoin


Bien plus que le simple transfert de Bitcoins, la blockchain est donc avant tout une technologie permettant de transmettre et stocker des informations de manière décentralisée, transparente et sécurisée. On peut la comparer à un registre public, anonyme et inviolable. Autour de ce registre, plusieurs applications peuvent être développées : c’est le cas des smart contracts.

Les smart contracts

Pour Simon Polrot, qui a lancé la branche française d’Ethereum : «Il s’agit en fait de fonctionnalités codées s’exécutant dès que les conditions définies à l’avance sont réunies. Ainsi, les compagnies d’assurance peuvent automatiser le versement de dédommagements en cas de sinistre. Cela représente un gain de temps considérable pour elles et leurs clients.»


Un acteur en devenir de la smart City et de la mobilité urbaine


Comment traiter au mieux les masses de données communiquées aujourd’hui, qui ne cesseront de croître dans les années à venir ? Au sein de la ville intelligente, « la smart city », la donnée se doit d’être au service des citoyens, bénéficiant à la qualité de vie de manière participative et transparente.

Un des pilier central de la smart city, c’est bien entendu la mobilité. Et là aussi, la blockchain est prometteuse. Tellement prometteuse, que de grands constructeurs commencent à s’y intéresser de très près. C’est le cas de Toyota, qui a décidé de travailler notamment avec le MediaLab du MIT pour s’approprier au plus vite cette problématique et développer des véhicules autonomes fiables. Autre que la question de l’autonomie, c’est aussi la thématique de la mobilité partagée qui pourrait bénéficier de l’avancée de la technologie blockchain.


Du partage digital au partage physique : la blockchain bientôt au service de l’autopartage ?


C’est ce que propose dès à présent le cabinet de conseil et d’audit EY qui s’apprête à appliquer ce processus de stockage et de transmission des flux de données au partage de véhicules avec le projet bien nommé Tesseract. Celui-ci a pour ambition principale la décentralisation des données afin de faciliter l’accès et le partage de véhicules au sein d’une flotte.

Car eWallet :
rendre autonomes les paiements pour véhicules connectés, c’est possible !

L’équipementier ZF a présenté au public lors de l’ouverture du Salon de Francfort son prototype Car eWallet. Ce projet élaboré en partenariat avec IBM et UBS vise à créer un écosystème de transactions accessible à tous et facilitant les échanges entre les différents acteurs en présence (constructeurs, prestataires, clients…). Véritable assistant de mobilité, Car eWallet peut initier de manière entièrement autonome des paiements (frais de déplacements divers) en temps réel sans aucune intervention humaine. En parallèle, Car eWallet peut servir de véritable carnet d’entretien recensant tout l’historique d’usage du véhicule.

Ainsi, il existe également un usage privé de la blockchain, avec des accès restreints tout en conservant la rapidité et sûreté du processus : c’est celui-ci qui intéresse notamment les acteurs de la mobilité. Le registre de données distribué seulement en interne pourrait permettre de gérer plus efficacement les historiques des véhicules, de monitorer leur usage en temps réel mais également d’ajuster en temps les frais d’assurance de manière automatisée, bénéficiant à la fois à l’usager final et au gestionnaire de flotte.


La blockchain déchaîne donc les passions, de par ses promesses, les bouleversements et les nombreux défis qu’elle pourrait apporter. Pour l’autopartage, cette technologie représente une vraie opportunité d’accélérer les processus administratifs du côté gestionnaire et les gestions de réservations du côté usagers. L’autopartage pourrait se faire ainsi plus accessible et pratique aussi bien pour les particuliers ou les entreprises.

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28
Juil

L’évolution de la mobilité selon Frost & Sullivan

Le 25 juin 2014 s’est tenu le workshop annuel de Frost & Sullivan sur la mobilité urbaine, le Urban Mobility 3.0. Cette table ronde, qui réunit plus de 200 hauts dirigeants d’entreprises spécialisés dans le domaine de la mobilité, traite des grandes tendances en termes de mobilité : l’autopartage et notamment l’autopartage en entreprise ; les solutions de micro mobilité ; les résultats du marché automobile et son avenir ; les nouveaux modes de transports publics ; la voiture autonome et la voiture connectée ; les solutions de mobilité en Asie et plus particulièrement en Chine ; l’adaptation des centres urbains aux nouveaux modes de mobilité, etc.

Selon Frost & Sullivan, le secteur de la mobilité serait sur le point de connaître une énorme mutation. En effet, le paradigme de la mobilité semble progressivement passer de la possession à l’utilisation de la voiture grâce à la très forte croissance des secteurs de la location, de l’autopartage et du covoiturage. De plus, force est de constater que ces nouveaux modes de mobilité touchent aussi bien les particuliers que les entreprises. C’est notamment le cas de l’autopartage qui a énormément gagné en popularité ces dernières années. Avec une croissance de 50% des abonnements, l’autopartage est désormais adopté par les entreprises. Selon Sarwant Singh, Senior Partner et Practice Director of Automotive and Transport chez Frost & Sullivan, « l’autopartage, initialement basé sur les modèles B2C et P2P, fonctionne désormais aussi en B2B avec la popularité croissante de l’autopartage en entreprise. ». En effet, l’autopartage apparaît pour les entreprises comme une alternative à leur parc automobile souvent coûteux. Ainsi, Frost & Sullivan estime que d’ici 2018-2020, 80 000 véhicules devraient fonctionner en autopartage dans les entreprises en Europe.

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Les participants au Urban Mobilité 3.0 se sont également penchés sur la voiture autonome. Selon eux, le problème n’est pas de savoir si la voiture autonome sera une réalité mais quand elle le deviendra. D’ailleurs, Google continue de perfectionner sa voiture totalement autonome, la Google Car, capable de reconnaître les dangers et les piétons sur la route : alors qu’un être humain ne peut pas optimiser complètement sa conduite et l’utilisation de son véhicule, la voiture autonome, à l’inverse, en est tout à fait capable. La voiture autonome se développe donc à vitesse grand V. Selon les conclusions du workshop, ces nouvelles technologies pourraient d’ailleurs permettre le remplacement des chauffeurs de taxi par des véhicules autonomes, ce qui réduirait les coûts de 50% (absence de salaires et réduction des frais en essence). Par ailleurs, les compagnies d’assurance, conscientes de cette nouvelle réalité, pourraient à terme baisser les frais pour les voitures autonomes et les augmenter pour les voitures actuelles. Si la voiture totalement autonome n’est pas encore une réalité pour les automobilistes, la voiture connectée, quant à elle, l’est bel et bien. En effet, le marché de la voiture connectée est le 3ème marché mondiale en termes de croissance, derrière le marché des tablettes et celui des smartphones. Par ailleurs, les participants à la table ronde de Frost & Sullivan ont souligné la forte croissance des nouvelles solutions de micro mobilité qui permettent de minimiser l’encombrement du trafic et la pollution des environnement urbains. Par exemple, les smartphones avec leurs nombreuses applications (GPS, géolocalisation, etc.) deviennent de véritables outils de circulation.

Enfin, le futur de la mobilité en Chine a été l’un des thèmes phares abordés par les spécialistes de la mobilité. L’accent a notamment été mis sur les réponses du gouvernement Chinois face à la forte croissance de la population et de la densité du trafic. Force est de constater que lorsque ces deux éléments sont réunis, la mobilité devient inefficace dans tout le pays, posant de sérieux problèmes en termes de sécurité routière. De plus, l’encombrement du trafic et la pollution, réduisant le temps de productivité, coutent plus de 48 milliards de dollars à l’économie Chinoise. Selon Aroop Zutshi, Global President et Managing Partner chez Frost & Sullivan, « repenser les zones urbaines pour faciliter la mobilité grâce à un système de multimodalité efficace ainsi que minimiser les besoins en déplacements sont des enjeux clés pour permettre à la Chine de relever les défis présents et à venir. ». Par ailleurs, les experts s’accordent à dire que les technologies vertes sont désormais largement disponibles et utilisables. D’ailleurs, ils ont félicité l’initiative de 19 pays de l’Union Européenne qui se sont mis d’accord sur un système de taxation des émissions de CO2 et celle de 10 pays de l’Union Européenne qui encourage l’achat de véhicules électriques par des aides financières.

Alexandre Fournier

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