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24
Juil

Dossier : L’histoire de la voiture électrique

Anderson electric car company

L’histoire de la voiture électrique commence dès le XIXème siècle. En effet, le tout premier prototype d’un véhicule électrique fut réalisé par un homme d’affaires écossais, Robert Anderson au début des années 1830 : il s’agissait d’une carriole électrique. D’autres prototypes furent construits, notamment la petite locomotive électrique de Thomas Davenport et celle de Robert Davidson, mais c’est à la fin des années 1850 que l’histoire du véhicule électrique pris un tournant décisif. En 1859, le français Gaston Planté inventa la batterie rechargeable au plomb acide, batterie qui fut par la suite améliorée par Camille Faure en 1881. Cette innovation posa les bases des prochains prototypes et marqua le début de l’essor du véhicule électrique.

En novembre 1881, Gustave Trouvé présenta une automobile électrique, ou plutôt un tricycle électrique, à l’Exposition Internationale d’Electricité à Paris. Néanmoins, ce n’était qu’un prototype et son utilisation était plus que délicate puisque le conducteur devait, grâce à un système de poulies, immerger des plaques de métal dans des récipients contenant de l’acide afin de moduler l’intensité du courant et donc la vitesse. Cependant, quelques mois plus tard, William Ayrton et John Perry, deux anglais, présentèrent leur prototype de tricycle électrique avec un moteur connecté à la roue arrière droite. Son autonomie était de 20 Km pour une vitesse de 15 Km/h. Le véhicule pouvait également circuler de nuit puisqu’il était équipé de phares électriques. C’est ce prototype que la plupart des historiens considèrent comme étant le premier véhicule électrique de l’histoire.

Thomas parker VE

Au XIXème siècle, trois mode de propulsion se partageaient le marché naissant de l’automobile : le moteur à combustion interne, le moteur électrique et le moteur à vapeur. Cependant, grâce aux nombreuses innovations, le véhicule électrique rencontra un succès certain et s’industrialisa peu à peu à la fin du XIXème siècle. En 1884, Thomas Parker, ingénieur à la Elwell-Parker Ldt (entreprise de fabrication et de commercialisation de locomotives, bus et tramways électriques), conçut la première automobile électrique. Cette toute première voiture électrique fut commercialisée dès 1896. Aux Etats-Unis, William Morrison commercialisa une voiture électrique dès 1891.

En 1895, une voiture électrique participa pour la première fois à une course automobile (Course Bordeaux-Paris). Conduite par Charles Jeantaud, carrossier, cette voiture de 7 chevaux embarquait 38 accumulateurs Fulmen de 15 Kg chacun. Charles Jeantaud commercialisa la Jeantaud de 1893 à 1906. Son autonomie, initialement de 60 Km et de 20 Km/h, fut doublée en 1903. A cette même période, l’Electrobat, voiture électrique conçut par l’ingénieur Henry G. Morris et le chimiste Pedro G. Salomon, rencontra un très grand succès commercial alors qu’en 1897, les premiers taxis électriques firent leur apparition dans les rues de New York. La voiture électrique acquit définitivement ses lettres de noblesse en 1899, lorsque la Jamais Contente, dont les batteries représentaient plus de la moitié du poids de la voiture, fut le premier véhicule à dépasser les 100 Km/h.

electrobatJamaiscontente voiture électrique

La voiture électrique connut son âge d’or au début du XXème siècle. En 1900, environ un-tiers des véhicules étaient propulsés par batteries. Ainsi, aux Etats-Unis, sur 4 192 voitures commercialisées, 1 575 étaient des véhicules électriques, 936 étaient des véhicules à essence et 1681 étaient des véhicules à vapeur. Aux Etats-Unis, la Phaeton de Wood rencontrait un franc succès malgré son autonomie de 30 Km à 22,5 Km/h et son coût élevé (2 000$). Les voitures électriques étaient plus faciles à démarrer et ne précédaient pas de nuages de fumée, ce qui pouvait expliquer leur succès. En France, la Poste livrait le courrier avec la Mildé, fabriqué à Levallois-Perret, dès 1901. Cependant, le véhicule électrique entra dans une phase de déclin et finit par être supplanté par les véhicules à essence. En 1908, le lancement de la Ford T, deux fois moins chère qu’une voiture électrique, ouvrit la voie à la démocratisation du véhicule à essence à l’heure de l’essence bon marché. Le déclin de l’automobile électrique était également du à sa trop faible autonomie : elle devenait de plus en plus incompatible avec les nouveaux usages et les réseaux routiers qui se déployaient à vitesse grand V. Enfin, la voiture électrique fut définitivement enterrée avec le crash de 1929 et la Seconde Guerre Mondiale.phaeton woods

Toutefois, l’idée que la voiture électrique restait une alternative ou un complément à la voiture à essence persistait. A la fin des années 1960, il y eut un regain d’intérêt pour la voiture électrique. En 1966, le Congrès Américain recommanda la construction de véhicules électriques afin de réduire la pollution de l’air et le choc pétrolier de 1973 finit de convaincre l’opinion de public. Alors que le vent semblait tourner en faveur des modes de transports durables, le marché ne décolla pas. Dès lors, en 1976, le Congrès Américain adopta l’Electric and Hybrid Research, Development and Demonstration Act afin de favoriser le développement des nouvelles technologies sur les batteries, les moteurs et les composants hybrides. Par ailleurs, en 1988, le Président de General Motors, Roger Smith, créa un fond de recherche pour développer une nouvelle voiture électrique, la EV1. En 1990, l’Etat de Californie vota le Zero Emission Vehicle, plan qui prévoyait que 2 % des véhicules devraient émettre zéro émissions polluantes en 1998 et 10% en 2003. Dès lors, entre 1996 et 1998, General Motors produisit 1 117 EV1 et Toyota lança la Prius en 1997, première voiture hybride commercialisée en série (18 000 exemplaires furent vendus au Japon la première année). En France, Renault testa la Zoom, une micro-citadine électrique, en 1999 et s’initia à l’hybride avec le programme Next. Cependant, une fois encore, la voiture électrique ne rencontra pas son public. Les ventes ne décollant pas, les constructeurs ne croyaient plus en l’idée d’un véhicule 100% électrique. Ainsi, en 2002, General Motors et Daimler Chrysler, soutenus par l’administration Bush, demandèrent l’annulation du Zero Emission Vehicle. Toutefois, il restait toujours 100 000 véhicules électriques aux Etats-Unis en 2007.

EV1 general motors

A l’aube des années 2010, le marché du véhicule électrique semblait renaître. En 2008, au Mondial de l’Automobile de Paris, Bolloré annonça la sortie pour 2010 de la Bluecar, une petite citadine électrique. Le 1er octobre 2009, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, et Christian Estrosi, Ministre de l’Industrie, présentèrent un plan national pour la mise en circulation de 2 millions de véhicules électriques et hybrides d’ici 2020. En avril 2010, le gouvernement français signa une charte avec PSA, Renault et 12 villes prévoyant l’installation de bornes de recharge accessibles au public dès 2011. En effet, le nombre de bornes de recharge reste un défi de taille pour les constructeurs et les collectivités, ces dernières étant de plus en plus encombrées. Pour tenter de palier ce manque de bornes, de plus en plus d’applications, à l’image d’Openchargemap, permettent de trouver le point de charge le plus proche !

open charge map

En 2014, 500 000 véhicules électriques sont immatriculés et 2,7 millions devraient l’être d’ici 2018 selon un rapport de la prestigieuse UC Davis. Les nombreuses innovations, la diversité des modèles sur le marché (Renault Zoé, BMW i3, Nissan Leaf, Tesla Model S, etc.) ainsi que les encouragements de l’Etat via les bonus écologiques, attirent de plus en plus les automobilistes. Par ailleurs, les populations prennent progressivement conscience de l’impact de leur mode de vie sur l’environnement et de la nécessité de modifier leur utilisation de la voiture. Ainsi, le détrônement de la voiture à essence par la voiture électrique apparait donc, cette fois-ci, inéluctable.

Sources : (1) (2)

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