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23
Fév

L’écosystème de la mobilité en pleine mutation

Alors que les technologies liées à la mobilité ne font qu’évoluer de manière croissante, ce n’est pas seulement le secteur automobile qui fait face à cette inéluctable métamorphose : tout un écosystème est ainsi concerné par ce qui s’annonce d’ores et déjà comme un tournant majeur dans notre manière de concevoir nos déplacements au quotidien.

C’est ce que met en avant l’étude The Future of mobility publiée par Deloitte en septembre dernier. Un dialogue capital est actuellement en train de se faire dans l’industrie automobile concernant le futur du transport et des moyens de mobilités. Alors que les apports technologiques sont de plus en plus importants, les compagnies se doivent de réinventer leur manière de concevoir et de construire des véhicules, mais elles doivent également prendre en compte les nouvelles habitudes et comportements.

Une réinvention du rapport à l’automobile

Aujourd’hui plus de 50% des consommateurs de la génération Y utilisent une application mobile afin de planifier leurs trajets, que ce soit pour les transports en commun ou pour effectuer de l’autopartage. Ces même consommateurs sont plus intéressés par un usage à la demande d’un véhicule plutôt que la propriété du bien automobile. Cette même constatation avait été déjà était relevée en juin 2014 par Frost & Sullivan sur la question de l’Urban Mobility 3.0. (lien vers l’article)

On assiste ainsi à l’émergence d’un nouveau modèle de mobilité personnelle, qui ne tardera pas à s’immiscer durablement dans la sphère professionnelle tant son impact sera important sur cette industrie qui reste pour de nombreux pays occidentaux un véritable pilier économique. Selon la Deloitte University Press tous ces bouleversements se feront de manière progressive à travers différentes phases.

futurs états de la mobilité

Quatre futurs de la mobilité pourraient ainsi co-exister, à l’intersection entre deux tendances majeures : le contrôle du véhicule (piloté ou autonome) et la propriété de

celui-ci (privée ou partagée).

Le secteur automobile distille aujourd’hui le changement tout en conservant les racines profondes de leur activité initiale. Tout cela résulte en de nombreux bénéfices pour les usagers. La voiture connectée est un parfait exemple de ce subtil équilibre : faire transparaître les possibilités de la conduite autonome tout en conservant l’interactivité fondamentale entre l’homme et le véhicule. Une transition en douceur de la conduite, vers l’assistance puis, à long terme, une autonomie grandissante. Un triptyque déjà au cœur de décisions économiques majeures, comme nous allons le voir.

mobilité future

L’évolution se fera en plusieurs étapes, en commençant par un usage partagé des véhicules en croissance. Aux États-Unis la société Zipcar a par exemple doublé sa base clientèle en l’espace de six ans, tandis qu’Uber a permis plus de 140 millions de déplacement en 2014. Ces services sont accompagnés d’une évolution rapide des interfaces de mises en relation entre conducteurs et passagers (applications) qui s’adaptent au mieux selon les retours clients (feedback). Une adhésion au principe d’autopartage est plus facile par rapport aux technologies de conduite autonome, des inquiétudes ayant encore besoin d’être apaisées, notamment quant à certains risques de fiabilité ou de cybersécurité.

L’étude de Deilotte met surtout en avant le modèle de l’autonomie accessible, qui propose à la fois d’adopter les technologies autonomes tout en réduisant les coûts de mobilité personnelle en valorisant la propriété partagée d’un véhicule.

cout partagé d'un véhicule

On voit ainsi ci-dessus que cet équilibre entre autonomie et partage de biens automobiles

résulterait en une solution viable aussi bien au niveau technologique qu’économique, en réduisant notamment le coût total de possession.

Et cette voie semble se profiler à l’horizon. Aux États-Unis par exemple les habitants, notamment la génération Y, se déplacent certes encore en automobile mais sont de moins en moins intéressés par l’achat d’un véhicule. Selon l’étude réalisée par Michael Sivak et Brandon Schoettle pour l’Institut de Recherches des Transports de l’université du Michigan les jeunes américains passent beaucoup moins leur permis qu’avant : ainsi 91,8 % des 20-24 ans le possédaient en 1983 contre 76.7 % en 2014. L’une des principales raisons avancées de ce recul est le prix onéreux d’un bien automobile, utilisé souvent de manière ponctuelle par de jeunes citadins ayant à leur disposition des services de transports performants et plus économiques. De plus, force est de constater une volonté grandissante de soutenir une économie collaborative, plus humaine et soucieuse de l’environnement.

Tous ces éléments remettent bien sûr en cause un système économique mis en place depuis presque un centenaire et contraint les divers acteurs du secteurs à innover afin de s’adapter.

Un paysage économique mouvant

Dans leur précédent rapport Business ecosystems come of age Deloitte décrivait déjà cette vague de changement, cette métamorphose progressive de ces institutions qui remontent au Xxème siècle.

le futur de la mobilité

Le modèle vertical, uniforme et défini autour d’un noyau central laisse la place à des entreprises qui se sont fracturées afin de devenir des réseaux performants d’antennes indépendantes, toutes possédant des spécialités spécifiques. Les technologies digitales ont eu un rôle indéniable dans cette restructuration. Les frontières se brouillent de plus en plus, tandis que les possibilités d’interactions entre les différents acteurs se multiplient. Plus rien n’est figé : au contraire, l’écosystème émergeant est fluide, nécessité face à un monde de la mobilité qui évolue de plus en plus vite et où les données deviennent un enjeu majeur des évolutions du marché.

Les différents acteurs du milieu n’ont donc pas tardé à poser leur pions afin de se positionner dans ce domaine en pleine ébullition, entre autopartage, véhicules électriques et conduite autonome ! Tandis que General Motors investit 500 millions de dollars dans Lyft, Uber a embauché près de 40 chercheurs et scientifiques de la Carnegie Mellon University afin d’explorer les possibilités de la conduite autonome. Force de constater qu’un jeu de vitesse s’engage entre constructeurs et acteurs majeurs de la révolution numérique de ces dernières décennies.

Rien d’étonnant donc à voir un grand nombre de géants automobiles installer des bureaux dans la Silicon Valley afin d’être au plus près des avancées technologiques et pouvoir réagir en conséquence de manière rapide. Cette recherche de progression permanente pourrait également devenir une opportunité de réinvention de l’automobile adaptée à la mobilité urbaine actuelle en partant des divers constats d’usages établis afin d’offrir des expériences de conduite toujours plus personnalisées et pertinentes.

Un bouleversement et rééquilibrage des valeurs du marché s’opère ainsi progressivement, agissant sur la mobilité personnelle mais aussi destiné à transformer durablement la manière dont nous envisageons les déplacements professionnels. Cette mutation est une question capitale, s’inscrivant dans la dynamique de transition énergétique et technologique dans laquelle nous nous impliquons au quotidien en proposant une solution de mobilité alternative aux entreprises. Et la recherche d’applications ne fait que commencer !

Deloitte a prolongé sa réflexion en janvier avec un nouveau dossier complémentaire, Navigating a shifting landscape, que nous vous invitons vivement à consulter.

Laura Didelot

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