Tag: autopartage voitures électriques

16
Déc

Penser l’autopartage de voitures électriques de manière globale

Durant les prochaines décennies, le concept de possession d’une voiture est amené à évoluer drastiquement. En effet, avec l’émergence de la voiture autonome et la démocratisation du covoiturage et de l’autopartage, la population urbaine tend à utiliser de plus en plus de services alternatifs à la voiture personnelle. L’autopartage en fait partie en apportant en plus, une décongestion efficace des centres-villes couplé à une meilleure qualité de l’air.

Au cours des dernières années, de nombreux services de carsharing ont intégré des véhicules électriques dans leurs flottes automobiles, mais le manque d’infrastructure de support a souvent empêché une adoption massive de l’électrique dans l’industrie des véhicules en libre-service. Cependant, un nouveau projet de l’Institut Allemand Fraunhofer aborde les problématiques du marché : le manque de stations de recharge (question clé pour l’acceptation en masse des véhicules électriques selon cette étude), l’absence de moyens fiables afin d’analyser le suivi des véhicules et de les interconnectés avec l’infrastructure globale. Ainsi, l’institut Fraunhofer a mis au point le programme GeMo (l’utilisation partagée de la mobilité 2.0 : véhicules, datas et infrastructure). Les chercheurs de l’institut ont créé un concept-car où toutes ces technologies sont intégrées dans un système global permettant à la voiture de communiquer avec l’infrastructure et les autres véhicules, de partager les données et de recharger leurs batteries sans fil.

smartgrid

« Afin d’appréhender la mobilité partagée d’un point de vue global (smartcity & smartgrid), nous devons lier les véhicules, les données et l’infrastructure. C’était l’essence même de notre projet de recherche » explique Florian Rothfuss, chef de projet de l’institut. D’ici 2020, cet engouement pour le véhicule électrique va entraîner une consommation de 4 à 5 TWh d’énergie électrique pour 2 millions de véhicules électriques, soit presque toute la production d’un réacteur nucléaire ! Il est donc essentiel d’anticiper la problématique de la recharge, bien en amont du développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables. Les collectivités territoriales ont donc un rôle important à jouer pour accompagner le développement d’une nouvelle mobilité décarbonée qui découlera du déploiement d’un système d’autopartage de véhicules électriques et qui pourra conduire à la constitution de « villes durables », pensées pour lutter contre le réchauffement climatique.

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11
Avr

Electrique ne rime pas forcément avec écologique

Les voitures électriques sont elles aussi écologiques que l’on voudrait nous le faire croire ? La réponse du Jury de déontologie publicitaire (JDP) ne semble pas si claire. Effectivement, le groupe Bolloré a été contrainte de changer les termes qu’elle utilisait pour venter les mérites de sa voiture électrique, la Bluecub. Sur son site Internet, la Bluecub est présentée comme une voiture avec « 0 bruit, 0 odeur, 0 émissions de CO2 ». Des détails qui ne permettent pas de revendiquer ce véhicule comme écologique selon le JDP.

À la tête de l’intervention de la JDP auprès du site Internet de la Bluecub, on retrouve l’Observatoire du nucléaire. Ce dernier cherchait à rétablir la vérité sur une communication « trompeuse ». D’après l’observatoire du nucléaire il serait plus juste de nommer la voiture électrique un « véhicule nucléaires ». Composée à 75% d’électricité d’origine nucléaire, la Bluecub ne peut donc pas être désignée comme écologique selon l’Observatoire. Le JDP rappelle que lorsqu’il est « impossible de justifier des formulations globales » comme écologique, vert, éthique, durable etc, « la publicité doit les relativiser » avec des formulations telles que « contribue à« . Le jury a donc demandé le « non-renouvellement de la diffusion de cette publicité« .

bluecubLa question se pose alors sur le fait que la voiture électrique est réellement écologique ou non. Bien que ce type de véhicule est considéré comme étant la solution pour lutter contre la pollution, il peut tout aussi bien jouer le rôle de pollueur. En effet, dès sa production, il peut déjà apporter sa part de pollution dans le cadre par exemple de la fabrication de la pile à combustible. Celle-ci nécessite de l’hydrogène dont la fabrication se fait à partir d’une réaction chimique de pétrole. Cela engendre une émission de différents gaz très polluants, si l’on ne cite que le gaz carbonique. Le stockage de l’électricité par la batterie participe également à la pollution de l’air, mais le degré et la nature de celle-ci dépendent du type de l’énergie utilisée pour la production de l’électricité. Une récente étude des chercheurs de l’Université d’état de Caroline du Nord s’est posée la question suivante : « Quelle sera l’importance des véhicules électriques dans les émissions futures de GES aux Etats-Unis ? ». L’article, publié dans Environmental Science & Technology, tente de répondre à cette question en examinant les interactions possibles entre la politique nationale d’électricité et le système de transport. Mais alors quel est l’avenir de la voiture écologique ? L’autopartage et le covoiturage semblent bien destinés à investir durablement le paysage de la mobilité écologique.

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