Tag: autopartage études

28
Nov

La mobilité partagée à l’étude !

La période de marasme économique que nous connaissons alliée à l’augmentation de la sensibilisation à l’environnement du grand public a propulsé la mobilité partagée sur le devant de la scène. Grâce aux études de de l’Université de Berkeley en Californie : Transport Sustainability Research Center (EVRC), une série de publications récentes expose la façon dont l’économie collaborative a eu un impact significatif sur les modes de transport traditionnels. La plus récente fut le rapport semi-annuel des perspectives du marché de l’autopartage. La publication observe ainsi une croissance substantielle des deux variables principales, à savoir le nombre de véhicules partagés et le nombre d’abonnés à un service d’autopartage aux Etats-Unis. Le nombre de membres est passé de 995 926 en 2013 à 1.337.807 cette année (une hausse de 34%), tandis que le nombre de véhicules est passé de 16 811 à 19 115 (14% de hausse). Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants lorsque l’on compare les résultats avec les chiffres de 2003 : 25 640 membres et 696 véhicules !

Carsharing Outlook

Reconnaissant la nécessité d’une rencontre interprofessionnelle au sujet de l’utilisation partagée de la mobilité, l’EVRC a créé le premier sommet de l’utilisation partagée de la Mobilité en Octobre 2013. Près de 300 participants, dont des décideurs, des intervenants, des universitaires et des représentants de l’industrie se sont réunis à San Francisco pour discuter du présent et de l’avenir de services de mobilité à usage partagé. La rétrospective de ce sommet met l’emphase sur une préoccupation principale, la nécessitée et l’intégration d’une approche multimodale. D’autres défis sont également à noter tels que la question de l’équité et de l’équilibre des données ouvertes avec le respect de la vie privée des utilisateurs. Ce sommet fut aussi l’occasion d’aborder le thème de l’autopartage entre particuliers, notamment la connaissance du grand public concernant cette thématique. Basée sur l’étude réalisée en octobre dernier par l’Université de Berkeley, le constat est plutôt contrasté. En effet, du côté négatif, l’enquête révèle une faible sensibilisation à l’autopartage P2P, en particulier chez les personnes n’ayant pas accès à un véhicule privé. Moins de 50% des répondants de San Francisco et 25% des résidents d’Oakland avaient connaissance d’un service d’autopartage entre particuliers alors que respectivement 84% et 62% connaissaient un service d’autopartage public. Côté positif, il y’a un véritable intérêt pour le public à cette problématique. A ce titre, 60% des résidents de San Francisco et 75% des répondants d’Oakland n’ayant pas accès à une voiture personnelle envisagent de louer un véhicule en autopartage P2P.

P2P Carsharing

Une dernière étude de l’EVRC à propos de l’utilisation de services de transport à la demande entre particuliers et de l’industrie des taxis souligne la difficulté actuelle de statuer positivement ou négativement de ces conséquences sur les modes de transports traditionnels. Effectivement, cette étude menée à San Francisco a constaté que les services de transports à la demande entre particuliers deviennent un véritable substitut pour les longs trajets mais apparaissent comme complémentaires aux transports en commun et aux services de taxis sur les autres trajets. Cette conclusion semble donc aller à l’encontre des récentes statistiques du SFMTA qui pourrait s’expliquer notamment par la méthodologie de l’étude.

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22
Oct

Susan Shaheen : Comment l’autopartage accélère le développement durable.

Si un jour vous avez essayé de lire quelques études sur le secteur de l’autopartage, les chances sont grandes que vous soyez tombé sur un écrit de Susan Shaheen. En effet, il y’a maintenant 18 ans que cette directrice de recherche de l’Université de Berkeley en Californie. Cette passion pour le sujet remonte lors de la recherche de son sujet de thèse où elle vit une conférence donnée par Michael Glotz-Richter. « La conférence portait sur le fait que 45% des kilomètres parcourus par l’automobile étaient en déclin en raison de l’utilisation de l’autopartage. Les gens participants à un programme d’autopartage déclaraient avoir repenser l’achat d’un véhicule personnel. Les réductions de consommation d’énergie et d’émission de CO2 étaient remarquables et changeaient la façon dont les gens envisageaient leur mobilité. L’idée d’un véhicule en libre service et les effets comportementaux des personnes ayant envie de rejoindre l’autopartage la fascinait. L’étude de l’impact environnemental fut aussi une grande motivation. Aujourd’hui Susan sert en tant que co-directrice du Centre de recherche sur les transports durables.

carsharing study

Elle évoque « j’avais à l’époque travaillé sur l’idée d’un trajet en boucle permettant la liaison entre 2 stations de voitures à l’image des transports en bus. Puis l’idée de pouvoir rendre ces voitures en libre-service fut très vite mise sur la table, et c’est ainsi que l’autopartage fut envisagé aux Etats-Unis. Ce fut notre premier vrai projet terrain où nous pouvions amener les gens à se comporter différemment. C’est à ce moment là que mon travail à commencé ».

Le secteur de l’autopartage en Amérique du Nord

susan shaheenAujourd’hui, Susan Shaheen peut prouver que les chiffres de l’autopartage aux Etats-Unis sont semblables à ceux observés à l’époque par Glotz-Richter en Allemagne. A ce titre, dans une étude récente regroupant près de 7000 participants, le chiffre incroyable de 50% de personnes interrogées ayant l’intention de s’affranchir de leur véhicule personnel fut annoncé. Susan voit maintenant un potentiel de croissance incroyable pour l’autopartage. Le modèle classique aujourd’hui de l’autopartage en boucle commence à se muter en One-Way. L’évolution des concepts permet aux participants d’utiliser le service pour aller travailler au lieu de compter sur l’autopartage uniquement le soir ou le week-end ! Elle explique « Nous observons des applications d’autopartage sur le secteur scolaire et universitaire. Nous voyons aussi des applications basées sur le secteur B2B ainsi que le Peer-to-peer. Il y’a énormément de place pour l’expansion et verra le secteur changer d’échelle avec ces nouveaux segments de marché, à la fois physique et sociodémographique ».

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