Tag: autopartage états-unis

04
Fév

l’USDOT alerte sur l’état des infrastructures et la nécessité de changer profondément le rapport à la mobilité

Le département Américain des transports (USDOT) vient de publier une étude dénommée (Au-delà du trafic) qui décrit précisément l’inexorable congestion des artères de circulation dans les prochaines décennies. Selon Anthony Foxx, représentant de l’USDOT, l’infrastructure est insuffisante et son état se détériore. Les problèmes pointés par ce rapport sont nombreux : Des infrastructures vieillissantes sans fonds pour réparation ou remplacement, des stratégies de développement durable qui ne se concrétisent pas assez rapidement, une croissance plus rapide de la population que des espaces urbains et enfin, le changement climatique, véritable épée de damoclès.

L’initiative de l’USDOT est assez significative de la situation actuelle. En effet, nous nous attendions à des solutions proposées directement par le département au cours d’une conférence de presse ou d’une table ronde, cependant il n’en est rien. Effectivement, si le rapport est dénommé « Au-delà du trafic », c’est justement car le département invite les individus à répondre à ces problèmes. Foxx déclare ainsi « Tout le monde utilise nos infrastructures, ce qui veut dire que chacun peut nous aider à construire notre futur ».

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Un récit dystopique situé en 2045 dans lequel la continuité signifie l’impasse

beyond-traffic-1.0Le rapport nous situe en 2045. Les infrastructures sont beaucoup trop sollicitées et aucuns travaux ne sont programmés. Un automobiliste est coincé dans les embouteillages depuis 2 heures, ce qui n’est pas surprenant en 2015 à Los Angeles. Les trains sont tellement saturés d’utilisateurs qu’ils ne s’arrêtent même plus pour prendre des passagers. Le problème en 2045, c’est que cette scène se situe dans le Nebraska ! L’avènement de nouveaux centres urbains tels qu’Omaha décrits comme les nouveaux Los Angeles expriment bien ce constat. Personne ne veut investir dans les infrastructures. Le rapport souligne le fait que le gouvernement Américain dépense de moins en moins d’argent dans ses infrastructures (la maintenance des autoroutes représentant à elles seules 12 milliards de dollars). 65% des routes américaines sont estimées comme étant en mauvais état ainsi que 25% des ponts également.

 L’étude décrit aussi des changements induits par les nouvelles générations

Une baisse de la pratique de l’automobile individuelle couplée à une acceptation de la technologie semble néanmoins être un élément de réponse concret. Le traitement des données dans le domaine des transports permet des options de mobilité innovantes telles que l’autopartage, le covoiturage, des données en temps réel sur le trafic des transports en commun, des transports aériens, etc. Rappelons que le nombre de membres de services d’autopartage aux Etats-Unis est passé de 995 926 en 2013 à 1.337.807 cette année (une hausse de 34%), tandis que le nombre de véhicules est passé de 16 811 à 19 115 (14% de hausse). Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants lorsque l’on compare les résultats avec les chiffres de 2003 : 25 640 membres et 696 véhicules !

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Alexandre Fournier

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13
Nov

La sensibilisation à l’autopartage se confirme : 1 Américain sur 5 l’a déjà testé

70 ans de développement tentaculaire du périurbain ont fait de la voiture le moyen de déplacement le plus pratique pour la plupart des Américains. Néanmoins, il semble que le fait de posséder un véhicule paraît désormais optionnel. En particulier dans les centres-ville où la pratique de l’autopartage est en plein essort et devient une véritable alternative à la propriété.

Le chroniqueur John McElroy du WardsAuto a déclaré durant la table ronde de la conférence 2014 Convergence de l’électronique et de l’automobile du SAE qu’ « A l’heure actuelle, 18% des Américains ont utilisé un service de partage de voitures ». Il a évoqué également le fait que « 60% des Américains sont maintenant conscients que de nouveaux services de transports émergents, tels que Uber ». Néanmoins, « seulement 40% des Américains semblent connaître une offre d’autopartage développée par un constructeur ». La comparaison entre un service d’autopartage et un constructeur automobile n’est pas le fruit du hasard lorsque l’ont sait que différentes études ont déjà montré que ces services semblent avoir un impact sur les ventes de véhicules neufs. Ainsi, un rapport publié plus tôt cette année par le cabinet de conseil Alix Partners avait constaté que l’autopartage pourrait éliminer 1,2 millions de ventes de voitures d’ici 2021 !

Alexandre Fournier

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22
Oct

Susan Shaheen : Comment l’autopartage accélère le développement durable.

Si un jour vous avez essayé de lire quelques études sur le secteur de l’autopartage, les chances sont grandes que vous soyez tombé sur un écrit de Susan Shaheen. En effet, il y’a maintenant 18 ans que cette directrice de recherche de l’Université de Berkeley en Californie. Cette passion pour le sujet remonte lors de la recherche de son sujet de thèse où elle vit une conférence donnée par Michael Glotz-Richter. « La conférence portait sur le fait que 45% des kilomètres parcourus par l’automobile étaient en déclin en raison de l’utilisation de l’autopartage. Les gens participants à un programme d’autopartage déclaraient avoir repenser l’achat d’un véhicule personnel. Les réductions de consommation d’énergie et d’émission de CO2 étaient remarquables et changeaient la façon dont les gens envisageaient leur mobilité. L’idée d’un véhicule en libre service et les effets comportementaux des personnes ayant envie de rejoindre l’autopartage la fascinait. L’étude de l’impact environnemental fut aussi une grande motivation. Aujourd’hui Susan sert en tant que co-directrice du Centre de recherche sur les transports durables.

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Elle évoque « j’avais à l’époque travaillé sur l’idée d’un trajet en boucle permettant la liaison entre 2 stations de voitures à l’image des transports en bus. Puis l’idée de pouvoir rendre ces voitures en libre-service fut très vite mise sur la table, et c’est ainsi que l’autopartage fut envisagé aux Etats-Unis. Ce fut notre premier vrai projet terrain où nous pouvions amener les gens à se comporter différemment. C’est à ce moment là que mon travail à commencé ».

Le secteur de l’autopartage en Amérique du Nord

susan shaheenAujourd’hui, Susan Shaheen peut prouver que les chiffres de l’autopartage aux Etats-Unis sont semblables à ceux observés à l’époque par Glotz-Richter en Allemagne. A ce titre, dans une étude récente regroupant près de 7000 participants, le chiffre incroyable de 50% de personnes interrogées ayant l’intention de s’affranchir de leur véhicule personnel fut annoncé. Susan voit maintenant un potentiel de croissance incroyable pour l’autopartage. Le modèle classique aujourd’hui de l’autopartage en boucle commence à se muter en One-Way. L’évolution des concepts permet aux participants d’utiliser le service pour aller travailler au lieu de compter sur l’autopartage uniquement le soir ou le week-end ! Elle explique « Nous observons des applications d’autopartage sur le secteur scolaire et universitaire. Nous voyons aussi des applications basées sur le secteur B2B ainsi que le Peer-to-peer. Il y’a énormément de place pour l’expansion et verra le secteur changer d’échelle avec ces nouveaux segments de marché, à la fois physique et sociodémographique ».

Alexandre Fournier

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