06
Fév

Les véhicules électriques réduisent-ils vraiment le taux d’émission des gaz à effet de serre ?

Une récente étude des chercheurs de l’Université d’état de Caroline du Nord s’est posée la question suivante : « Quelle sera l’importance des véhicules électriques dans les émissions futures de GES aux Etats-Unis ? ». L’article, publié dans Environmental Science & Technology, tente de répondre à cette question en examinant les interactions possibles entre la politique nationale d’électricité et le système de transport. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est une question complexe avec un ensemble de réponses tout aussi complexe. Néanmoins, une des observations à susciter de vives réactions ! A savoir que l’augmentation des ventes de véhicules électriques (VE) ne conduit pas nécessairement à la réduction de l’ensemble des émissions de GES. Peut-on en déduire que les véhicules électriques ne réduisent pas les émissions de GES ? La réponse est non car l’un des auteurs de l’étude évoque à ce propos « nous n’avions pas l’intention de montrer que les véhicules électriques n’ont pas d’impact sur les émissions » Vous pouvez retrouver son interview directement ici.

Alors, que pouvons-nous conclure de cette étude ? Les auteurs ont testé plusieurs hypothèses sur les prix et les politiques futures: le prix du pétrole, le prix du gaz naturel, le coût des batteries de véhicules électriques, et l’hypothèse que les Etats-Unis adoptent et développent des politiques  concernant les énergies renouvelables de manière globale. Pour tous les scénarios (108 au total), ils ont ainsi varié les caractéristiques décrites ci-dessus et ont calculé le coût de transport  moyen le plus faible couplé aux options de production d’électricité et les émissions qui en résultèrent (CO2, SOx, NOx) pour un scénario à échéance 2050. Voici quelques-uns des points clés de l’étude :

Les véhicules électriques réduisent leurs coûts afin de se conformer à des politiques qui limitent les émissions de CO 2.

Lorsque les chercheurs modélisèrent une politique exigeant une réduction de 40% des émissions de CO 2 d’ici à 2050 (sur la base des émissions de 2010), les véhicules électriques réduisirent alors leur coût de conformité. Cela signifie-t-il que les VE sont un moyen efficace de réduire les émissions de CO2 pour les secteurs combinés de l’électricité et du transport ? Pas nécessairement. Les auteurs en ont déduit que leurs résultats ne montrent pas de corrélation entre le déploiement des véhicules électriques et une réduction des émissions de GES significative. En effet, le simple fait de plafonner les émissions totales signifie que lorsque le modèle génère des économies d’émissions via véhicules électriques, les émissions se développent alors dans d’autres parties du projet, créant un potentiel masquage de la réduction des émissions liés aux véhicules électriques.

véhicules électriques

La Réduction du coût de la batterie augmenterait le déploiement des VE.

C ‘est un résultat plutôt logique. Effectivement, nous savons déjà que les véhicules électriques sont beaucoup plus intéressants pour l’environnement lorsqu’ ils coûtent moins cher. Cette étude met ainsi l’accent sur la nécessité de continuer à réduire leurs coûts. Le Centre commun de recherche de stockage d’énergie, financé par le ministère de l’Énergie, s’emploie à démocratiser cette réflexion. Leur objectif est de développer des batteries qui sont cinq fois plus puissantes et cinq fois moins chères que la technologie actuelle utilisée, et ce, dans les cinq ans à venir afin d’aider à rendre les véhicules électriques plus abordables.

Les  résultats du modèle d’étude montrent, en moyenne, que plus de véhicules électriques équivaut à des réductions plus importantes du taux d’émissions.

Sur les 108 scénarios de l’étude, il y’en a 6 qui n’ont pas de déploiement de VE et 22 qui ont déploiement EV élevé (42% de part de marché). Quand nous avons observé les émissions moyennes des combinaisons de déploiement élevé de EV, il y’a une réduction des émissions de CO 2 d’environ 23%, de SOx de 11%, et enfin de NOx de plus de 11% par rapport à la moyenne des émissions sans déploiement massif de véhicules électriques.

Cependant, les véhicules électriques ne sont qu’un élément important d’une série de solutions à déployer.

Les auteurs ont conclu que les VE, dans tous les scénarios proposés, n’ont pas significativement réduit les émissions de GES  d’ici  2050. Cela suggère que d’autres facteurs (comme des politiques de réduction de CO2, de nouvelles pratiques de mobilité telles que l’autopartage et le covoiturage) jouent un rôle plus important dans la réduction des émissions.  Les VE doivent faire partie d’une stratégie multidimensionnelle à long terme pour réduire les émissions de GES. En se concentrant sur une seule solution et en ignorant le reste, le déploiement simple de véhicules électriques ne sera pas bénéfique et son impact très limité.

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