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Juil

Habitat Innovant et Écoquartier : Une aubaine pour les smartcities et l’autopartage

Du 28 juin au 14 juillet se tenait le Solar Decathlon à Versailles. Une compétition étudiante internationale visant a récompenser les projets d’habitat innovant de 20 équipes de 16 pays différents. C’est l’équipe italienne qui décroche la première place du podium cette année avec leur projet « Rhome for Dencity » : un projet de construction d’immeubles en bois utilisant des panneaux photovoltaïques pour remplacer les habitations de fortune du quartier de la Tor Fiscal. L’équipe Française Atlantic Challenge se hisse quant à elle sur la deuxième place du podium avec son projet Phileas qui imagine la réhabilitation de Cap 44, un bâtiment industriel nantais désaffecté datant du XIXème siècle. La troisième place du podium revient à l’équipe des Pays-Bas pour leur projet The Skin, qui adapte un bouclier thermique sur des maisons en briques datant des Trente Glorieuses considérées de nos jours comme de véritables passoires énergétiques. Les équipes participant du Solar Decathlon ont été notées par des jurys spécialisés qui se basent sur dix critères que ce sont ceux de l’écoquartier : l’architecture, l’efficacité énergétique, les conditions de confort, la communication et la sensibilisation sociale, l’innovation, l’ingénierie et la construction, le bilan énergétique électrique, le fonctionnement de la maison, l’aménagement urbain, les transports et l’abordabilité ainsi que le développement durable.

écoquartier autopartage

            En effet, l’écoquartier correspond à un projet d’aménagement urbain qui respecte à la fois les principes du développement durable et les caractéristiques du territoire. Selon le Ministère du Logement et de l’Egalité des Territoires, l’écoquartier doit à la fois promouvoir la gestion responsable des ressources, s’intégrer dans le territoire existant, participer au dynamisme économique du territoire et proposer des logements variés ainsi que des logements sociaux afin d’assurer la mixité sociale. Par ailleurs, les modes de transports alternatifs, et notamment l’autopartage, représente un enjeu environnemental et économique essentiel. En effet, les écoquartiers ont aussi pour objectif de mettre en place une gestion alternative et innovante du stationnement automobile et de l’usage de la voiture particulière. D’une part, les écoquartiers sont économes en place de stationnement, la norme étant souvent d’une place par logement, afin d’inciter à des pratiques de déplacement plus conformes aux exigences d’écomobilité. Le quartier Danube à Strasbourg, desservi par 2 lignes de tram, va encore plus loin en termes de réduction de places de stationnement. Le nombre de places de stationnement sera de 1 pour 2 ménages alors que les bureaux disposeront de 0,25 à 1 place de stationnement pour 100m2 de SHON et les commerces ne pourront pas disposer de plus de 0,5 place pour 100m2 de SHON. Au total, 400 places de parking à répartir entre logements, bureaux et commerces, sur 3 parcs de stationnement à proximité immédiate des entrées du quartier. D’autre part, l’autopartage, de plus en plus présent dans les écoquartiers, représente une réelle alternative à la voiture particulière et propose aux habitants un service efficace de mobilité. En effet, ce système de véhicule en libre service, répondant à des besoins ponctuels d’utilisation de véhicule, permet de réduire la possession d’un deuxième véhicule et les besoins en stationnement. Ainsi, l’écoquartier de Villeneuve à Cognin a mis à la disposition des habitants un service d’autopartage. Ces véhicules en libre service sont réservables sur internet ou smartphone pour une durée allant de 1 heure à un weekend. L’abonnement pourrait d’ailleurs être offert aux ménages qui acceptent de renoncer à une deuxième voiture. Le nombre de véhicules disponibles sera de 1 pour 10 ménages, ce qui permettra de réduire davantage l’espace occupé par les places de stationnement.

écoquartier autopartage

Le concept d’écoquartier, lancé en octobre 2008 en France, répond à des enjeux nationaux que sont la transition écologique en milieu urbain, l’égalité des territoires et la promotion de la mixité sociale. En décembre 2012, le lancement officiel du label national d’Ecoquartier a permis l’accompagnement ainsi que la valorisation de projets d’urbanismes dits durables. En 2013, 13 projets ont obtenus le label d’écoquartier (La ZAC de Bonne et le quartier Bouchayet Viallet à Grenoble, La Duchère à Lille, les quartiers Claude Bernard et Fréquel Fontarabie à Paris, etc.) et 32 projets sont engagés dans la labellisation (La Courrouze à Rennes, le Quartier Danube à Strasbourg, le quartier Ginko / Les Berges du Lac à Bordeaux, etc.)

Parmi tous ces projets d’écoquartiers, le projet Sycomore à Bussy Saint Georges se distingue par son envergure et devrait voir le jour dès 2015. 4 500 logements, 10 000 habitants, plus de 20 hectares d’espaces verts : Sycomore a pour ambition de devenir le plus grand écoquartier de France. Les pavillons avec jardin et les appartements, dont 25% seront des logements sociaux, seront alimentés en eau chaude et en chauffage par un réseau de chaleur biomasse. Par ailleurs, tout a été pensé pour limiter les besoins des habitants en termes de voitures. En effet, le quartier sera traversé par des allées piétonnes et un réseau de bus sera mis en place avec des arrêts à moins de 500 mètres de chaque logement. Enfin, est également au programme la construction de 2 écoles, d’un complexe sportif, d’un théâtre ainsi que d’un centre culturel. Force est de constater que le projet Sycomore semble répondre à toutes les exigences de l’écoquartier : mixité sociale, transition énergétique, transports durables et dynamisme économique. Issy-Les-Moulineaux fait également figure de modèle avec son système IssyGrid qui permet le pilotage des énergies sur 160 000 m2, couvrant ainsi 1 600 logements et 10 000 collaborateurs. Dans une centaine de logements, des compteurs communicants ont été installés, permettant ainsi de recueillir la consommation en temps réel et donc de facturer à un foyer sa consommation réelle. De plus, les lampadaires sont désormais connectés – adaptant l’éclairage en fonction des données recueillies (circulation, météo, etc.) – et la voiture électrique valorisée. Concernant les entreprises, l’immeuble Galeo et la Tour Sequana, toutes deux occupées par Bouygues, ont été équipées par Schneider Electric d’un système d’aide au pilotage du bâtiment afin de lisser leur consommation d’énergie. Issy-les-Moulineaux a donc bel et bien décidé de se tourner vers le futur et de se transformer en ville durable.

issygrid

Les pays en voie de développement ne sont pas en reste et adoptent eux aussi le concept d’écoquartier à l’image de la Chine et du projet de Schenyang. En effet, la Chine a cette fois-ci fait le choix de l’écologie avec son projet de création d’un parc écologique sino-français dans le district de Tiexi, à l’ouest de la province du Laoning. GDF ou encore Vincy seront chargés de mettre au point des technologies visant à favoriser l’écologie mais aussi à répondre aux besoins de la Chine. Par exemple, le quartier de Schenyang accueillera les modes de transports les plus performants et les plus adaptés aux besoins de la population. A terme, ce projet, qui s’étalera sur une dizaine d’années, pourrait s’étendre sur l’ensemble de la province.

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